Le chef de la junte au pouvoir en Thaïlande a assuré vendredi ne pas être «inquiet» de l’appropriation par ses opposants du geste des rebelles de la saga des «Hunger Games». «Je ne suis pas inquiet face aux manifestations au salut à trois doigts», a déclaré le général Prayut Chan-O-Cha devant la presse.

La sortie du nouvel opus des «Hunger Games» sur les écrans thaïlandais a donné lieu jeudi à Bangkok à l’interpellation de trois étudiants. Mercredi, cinq étudiants avaient aussi été interpellés dans le nord-est du pays après avoir fait le salut des rebelles de «Hunger Games» face au chef de la junte.

Mais pour l’heure, ces étudiants ont tous été relâchés sans charge, a assuré la police. «Je ne sais pas si (le fait de faire ce geste) est illégal ou pas. Auquel cas, cela pourrait compromettre leur avenir», a-t-il menacé à demi-mots, les étudiants pouvant par exemple avoir un fichier judiciaire, ce qui leur fermerait des carrières.

«Je ne veux pas les punir, alors ils ont été à peine réprimandés, avant d’être relâchés», a ajouté le général Prayut.

Il a précisé avoir visionné le premier opus de la saga des «Hunger Games», qui met en scène la révolte des habitants de «districts» opprimés face à un Etat totalitaire. «C’est un film, pas la réalité», a-t-il tranché, alors qu’en Thaïlande les libertés publiques sont restreintes, avec notamment une interdiction de manifester et une censure des médias.Certains cinémas ont annulé la diffusion du film par crainte d’incidents.

Orwell aussi

Après le coup d’Etat du 22 mai, des groupes de Thaïlandais, souvent des étudiants, avaient fait des manifestations symboliques, avec le geste à trois doigts des «Hunger Games» ou en lisant en public le célèbre livre «1984» de George Orwell, pamphlet contre le totalitarisme.

Mais le mouvement s’était étiolé face aux interpellations et replié sur la Toile.

L’armée a assuré avoir pris le pouvoir pour restaurer l’ordre public après sept mois de manifestations contre le gouvernement civil de Yingluck Shinawatra. Mais elle est accusée de faire partie d’un complot destiné à rétablir un contrôle des forces conservatrices ultra-royalistes sur la direction du pays.