Des salves de roquettes tirées de Gaza vers Israël

Des salves de roquettes ont été tirées lundi en début de soirée de la bande de Gaza vers Israël, où les sirènes d'alarme ont retenti dans plusieurs villes et villages. Fait plutôt rare, des sirènes ont aussi été déclenchées à Jérusalem – située à plus de 80 km de Gaza –, ce qui a forcé l'évacuation du Mur des Lamentations, selon les autorités.

L'armée israélienne a fait état de sept roquettes tirées depuis Gaza dont l'une a été interceptée par le bouclier antimissiles israélien «Dôme de fer».

Le Hamas avait menacé plus tôt Israël d'une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas d'ici 18h00 (heure locale) de l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Lundi soir, au moins neuf personnes, parmi lesquelles figurent trois enfants et un commandant, ont été tuées dans des frappes israéliennes sur le nord de la bande de Gaza, ont indiqué les autorités locales. 

«Neuf martyrs, dont trois enfants, et un certain nombre de blessés sont arrivés à l'hôpital de Beit Hanoun en le nord de la bande de Gaza», a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère de la Santé à Gaza.

«L'occupant visait le commandant des Brigades Al-Qassam (branche armée du Hamas, NDLR) Muhammad Fayyad à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza», a indiqué une source du Hamas, confirmant le décès de ce haut responsable.

De son côté, l'armée israélienne a confirmé avoir mené des frappes aériennes sur le nord de l'enclave et y avoir ciblé un commandant du Hamas. Mais elle n'était pas en mesure à ce stade de «confirmer ou non» que ces décès étaient liés à son offensive en cours après des salves de roquettes tirées depuis Gaza. 

Washington condamne une «escalade inacceptable»

Les Etats-Unis ont condamné lundi «le plus fermement possible les tirs de roquette du Hamas» contre Israël, dénonçant une «escalade inacceptable» et appelant toutes les parties au «calme» et à la «désescalade des tensions». «Plus largement, nous sommes profondément préoccupés par la situation en Israël, en Cisjordanie et dans la banda de Gaza, notamment par les confrontations violentes à Jérusalem», a déclaré le porte-parle de la diplomatie américaine Ned Price, saluant les «mesures prises par le gouvernement israélien ces derniers jours pour éviter les provocations». Il a toutefois apporté le soutien américain aux «manifestations pacifiques».

«Nous reconnaissons le droit légitime d'Israël à se défendre, à défendre son peuple et son territoire», a dit le diplomate américain, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a promis de répondre «avec force». 

Benjamin Netanyahu a accusé le mouvement islamiste Hamas d'avoir a franchi «une ligne rouge» avec ses salves de roquettes tirées lundi soir vers Israël. Il a promis une réponse musclée de l'Etat hébreu.

«Les organisations terroristes à Gaza ont franchi une ligne rouge le soir de la "Journée de Jérusalem" en tirant des roquettes jusque dans la région de Jérusalem», a indiqué M. Netanyahu. Et d'ajouter: «Israël réagira avec force (...), celui qui attaque paiera le prix fort».


Jets de pierres, gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc: des centaines de Palestiniens ont été blessés lundi lors de nouveaux affrontements avec des policiers israéliens sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, après un week-end de violences dans la Ville sainte. Face à cette escalade, une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU est prévue plus tard dans la journée sur la situation à Jérusalem, à la demande de la Tunisie.

La reprise des violences a coïncidé avec «la Journée de Jérusalem», marquant selon le calendrier hébraïque la conquête de Jérusalem-Est par l'Etat hébreu. Tôt le matin, des centaines, voire des milliers, de Palestiniens ont lancé des projectiles en direction des forces de l'ordre israéliennes positionnées à l'intérieur de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam nommé Mont du Temple par les Juifs.

Un journaliste de l'AFP a aussi vu des dizaines de blessés évacués de l'esplanade dans des ambulances sirènes hurlantes dans les alentours de la Vieille ville de Jérusalem. «Il y a des centaines de blessés dans les heurts», dont une cinquantaine ont dû être hospitalisés, a indiqué le Croissant rouge palestinien dans un bref message aux journalistes.

Plusieurs centaines de blessés

La police israélienne a indiqué dans un communiqué être à pied d'oeuvre pour tenter de juguler les violences sur l'esplanade mais aussi «dans d'autres secteurs de la Vieille Ville de Jérusalem». «La prière se poursuit comme d'habitude» au mur des Lamentations, qui jouxte l'esplanade, mais «nous ne laisserons pas des extrémistes menacer la sécurité du public», a-t-elle ajouté.

Vendredi soir, plus de 200 personnes, en grande majorité des Palestiniens, ont été blessées dans des heurts entre policiers et Palestiniens sur l'esplanade des Mosquées. Samedi et dimanche, le calme était revenu sur l'esplanade mais les heurts ont continué entre Palestiniens et policiers israéliens dans d'autres secteurs de Jérusalem-Est, faisant au total plus d'une centaine de Palestiniens blessées, selon le Croissant rouge palestinien. La police israélienne a également fait état de blessés dans ses rangs.

Pour en savoir plus:  Flambée de violences à Jérusalem-Est

Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a averti que l'Etat hébreu «continuera d'assurer la liberté de culte, mais n'autorisera pas des émeutes violentes». «Nous ferons respecter la loi et l'ordre, avec fermeté et responsabilité», a-t-il dit, en défendant le développement des colonies juives à Jérusalem-Est. «Jérusalem est la capitale d'Israël. Alors que chaque nation construit sa capitale, nous avons aussi le droit de construire à Jérusalem. C'est ce que nous avons fait et c'est ce que nous continuerons de faire».

Familles palestiniennes menacées d'expulsion

L'un des vecteurs de tension des dernières semaines à Jérusalem-Est est le sort de familles palestiniennes du quartier de Cheikh Jarrah qui sont menacées d'expulsion au profit de colons juifs. Une audience clé de la Cour suprême dans cette affaire devait se tenir lundi mais a été reportée «à la lumière du contexte actuel», a indiqué la justice.

Par ailleurs, dans la bande de Gaza, enclave palestinienne contrôlée par les islamistes du Hamas, des ballons incendiaires et des roquettes ont été lancés vers Israël en appui aux manifestants de Jérusalem. L'armée israélienne a annoncé le tir de sept nouvelles roquettes dimanche soir et tôt lundi depuis Gaza vers le sud d'Israël, dont deux ont été interceptées par le système anti-missiles israélien «Dôme de fer» et trois se sont abattues dans des terrains vagues sans faire de blessé ni de dégât.


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En représailles, des chars israéliens «ont attaqué des postes militaires» du Hamas dans le sud de la bande de Gaza, a indiqué l'armée qui a aussi fermé le point de passage d'Erez, le seul permettant à la population de Gaza de sortir vers Israël.

Réactions à l'international

Premier allié de l'Etat hébreu, les Etats-Unis ont appelé «responsables israéliens et palestiniens à agir pour mettre un terme à la violence», et exprimé leur inquiétude quant à «l'expulsion potentielle des familles palestiniennes de Cheikh Jarrah».

Les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan - quatre pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël ces derniers mois - ont fait état de leur «profonde inquiétude» appelant Israël au calme. Idem pour le quartette sur le Proche-Orient (USA, Russie, ONU, UE) qui a appelé Israël à faire preuve de «retenue». De son côté, «le secrétaire général de l'ONU a exprimé sa «profonde préoccupation» et exhorté Israël à un «maximum de retenue».

En Jordanie, pays en paix avec Israël depuis 1994, des centaines de manifestants ont réclamé à Amman la fermeture de l'ambassade d'Israël et l'expulsion de son ambassadeur.