Son courage avait été salué internationalement. Le magazine Time classait l’activiste parmi les 100 personnes les plus influentes de 2012. Il écrivait à son propos: «Samira représente un modèle de résistance à la peur et son impact va bien au-delà de l’Egypte. Il suffit qu’une femme parle et des milliers d’autres dans le monde vont écouter et se sentir poussées à agir.»

Vendredi, Samira Ibrahim aurait dû être l’une des femmes que le Département d’Etat américain devait honorer pour leurs combats. C’était toutefois avant que les Américains découvrent, sur son compte Tweeter, des messages saluant par exemple les attentats anti-israéliens en Bulgarie. Dans un des tweets publiés sur son compte le jour même de l’attentat en Bulgarie, il est écrit: «Une explosion dans un bus transportant des Israéliens à l’aéroport Burgas en Bulgarie sur la mer Noire. Aujourd’hui est une journée très douce avec un tas de nouvelles très douces.» Un blogueur égyptien, dont le pseudonyme sur Twitter est Science Pyramid, dit avoir lu sur le compte Twitter de Samira Ibrahim le commentaire suivant: «Aujourd’hui, c’est le jour de l’anniversaire du 11-Septembre. Que l’Amérique brûle chaque année.»

Info ou intox? Le tweet sur l’attentat en Bulgarie a été mentionné au Département d’Etat par le journaliste de l’Atlantic Monthly Jeffrey Goldberg, par ailleurs employé au Musée de l’Holocauste à Washington. Samira Ibrahim conteste ces messages dans un tweet: «Mon compte a été piraté plus d’une fois et toute note raciste ou haineuse ne relève pas de moi.» Le Département d’Etat se demande pourquoi l’Egyptienne n’en a pas fait mention plus tôt.