Le bruit de la guerre qui dévaste l'Europe. L'exode effréné des parisiens vers le sud. La France coupée en deux par la ligne de démarcation. La Suisse romande aux avant-postes de la tragédie. C'était il y a 80 ans. Chaque semaine de l'été, «Le Temps» vous raconte qui, entre larmes et rire, collaboration, compromissions et résistance, façonna la France à l'heure allemande. 

Episodes précédents:

«L’anarchie régnait dans le pays. Personne ne savait qui donnait des ordres. Les préfets s’attendaient à être relevés de leurs fonctions […] La continuité du pouvoir supposée être incarnée par le régime de Vichy se limitait au fait que les nouveaux fonctionnaires mal payés acceptaient tout aussi volontiers les pots-de-vin que leurs prédécesseurs…»

Début août 1940. L’auteur de ces lignes, Lion Feuchtwanger, a tout perdu, mais ne veut pas l’avouer. Son «paradis», depuis 1933, se nommait Sanary-sur-Mer, petite commune balnéaire du Var transformée, durant l’ascension hitlérienne, en refuge littéraire et artistique pour des dizaines d’intellectuels et d’artistes juifs allemands, tels le romancier Thomas Mann, le peintre Max Ernst… ou Feuchtwanger, dont le roman Le Juif Süss, paru en 1925, a été détourné par la propagande nazie pour en faire un détestable film antisémite.