Diplomatie

Les sanctions contre Téhéran vont être progressivement levées

L'agence internationale de l'énergie atomique a autorisé l'accord historique sur le nucléaire signé en juillet dernier. La levée des sanctions - y compris les suisses - s'échelonnera sur dix ans.

L'accord nucléaire conclu entre l'Iran et les grandes puissances est entré en vigueur samedi après le feu vert de l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cette décision a entraîné une levée des sanctions économiques qui frappent le pays depuis des années.

Autre signe de détente: Téhéran et Washington, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980, ont annoncé dans la même journée la libération de quatre Irano-Américains détenus en Iran, dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, en échange de sept Iraniens détenus aux Etats-Unis.

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La Suisse a «facilité» l'échange de prisonniers, a déclaré l'ambassadeur d'Iran auprès de l'ONU.

Six mois après la conclusion de l'accord nucléaire de Vienne, au terme d'un long marathon diplomatique, l'AIEA a certifié que Téhéran avait bien respecté toutes ses obligations destinées à garantir la nature strictement pacifique de son programme nucléaire. Cette déclaration a mis fin à un contentieux de plus de treize ans.

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«L'Iran ayant rempli ses engagements, aujourd'hui, les sanctions économiques et financières multilatérales et nationales liées au programme nucléaire iranien sont levées», ont annoncé dans la foulée les chefs de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et iranienne, Mohammad Javad Zarif, à Vienne.

Les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU ont précisé que cette décision avait un effet immédiat. Le président iranien Hassan Rohani a immédiatement salué une «victoire glorieuse» pour le «peuple» iranien.

La Suisse lève également les sanctions contre l'Iran. La Chancellerie fédérale a annoncé dimanche l'entrée en vigueur de l'abrogation de l'ordonnance «instituant des mesures à l'encontre de la République d'islamique d'Iran.» La Confédération avait décrété ses premières sanctions contre l'Iran en février 2007.

«Aujourd'hui (...) le monde entier est plus sûr, car la menace des armes atomiques a été réduite», s'est félicité à Vienne le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, l'un des principaux artisans, avec M. Zarif, de cet accord. Samedi, tous deux ont encore mené d'intenses discussions dans la capitale autrichienne, où avaient été conclues les négociations le 14 juillet 2015.

Les deux représentants avaient déjà convenu d'un accord-cadre au printemps 2015 lors de négociations à Lausanne.

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Au final, il s'agit «d'un succès historique de la diplomatie», a relevé le ministre allemand des affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

Cet accord, négocié par l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne), est considéré comme un résultat majeur de politique étrangère pour le président américain Barack Obama ainsi que pour son homologue iranien.

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Il est aussi interprété comme l'amorce d'un rapprochement entre les Etats-Unis et l'Iran, une évolution qui met en rage les alliés traditionnels de l'Amérique dans la région - Arabie saoudite et Israël en tête -, qui redoutent l'influence de la puissance chiite.

L'Etat hébreu a réagi samedi en affirmant que Téhéran n'avait «pas abandonné ses ambitions de se doter d'armes nucléaires».

Les milieux économiques se tiennent prêts depuis plusieurs mois à revenir en Iran, un pays qui dispose des quatrièmes réserves de brut au monde, et des deuxièmes de gaz. Membre de l'OPEP, il peut désormais exporter à nouveau librement son pétrole.

L'AIEA a attesté samedi que Téhéran a réduit comme convenu le nombre de ses centrifugeuses permettant d'enrichir de l'uranium, et envoyé à l'étranger la quasi-totalité de son stock d'uranium faiblement enrichi.

En outre, l'agence a établi que l'Iran a bien, comme il s'y est engagé, retiré le coeur de son réacteur à eau lourde d'Arak et bétonné une partie de l'installation, de façon à ne plus pouvoir y fabriquer de plutonium de qualité militaire.

La levée complète prendra dix ans

La levée de l'intégralité des sanctions sera échelonnée sur dix ans, et durant 15 ans les mesures pourront être automatiquement rétablies en cas de manquements de Téhéran. L'Iran a accepté de se soumettre à des inspections renforcées de l'AIEA, et le patron de l'agence, Yukiya Amano, sera dès dimanche dans la capitale iranienne.

Les embargos de l'ONU sur les armes conventionnelles et sur les missiles balistiques sont maintenus jusqu'en 2020 et 2023 respectivement.

La république islamique d'Iran a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique. L'AIEA a cependant établi en décembre que Téhéran avait bel et bien mené jusqu'en 2009 des recherches pour avoir la bombe.

Une «page en or» de l'histoire de l'Iran

Le président iranien Hassan Rohani a salué dimanche la levée des sanctions contre son pays comme une «page en or» de l'histoire de l'Iran. Il a appelé de ses voeux la mise en place de réformes économiques et souhaite limiter la dépendance de l'Iran aux hydrocarbures.

«L'accord nucléaire est une opportunité que nous devrions utiliser pour développer le pays, améliorer le bien-être de la nation et créer stabilité et sécurité dans la région», a déclaré Hassan Rohani. Il présentait au Parlement le projet de budget pour la prochaine année fiscale iranienne qui commence le 21 mars.

Plusieurs milliards de dollars d'avoirs iraniens qui avaient été gelés doivent maintenant être rendus disponibles. En outre, le pays s'apprête à accueillir de nombreux investisseurs. Dans ce contexte, le président a évoqué un «tournant» pour les 80 millions d'Iraniens.

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