Après des mois de tension et un marathon de plus de dix heures, les trois partenaires de la grande coalition au pouvoir, CDU, CSU bavaroise et SPD, se sont mis d'accord, aux petites heures de lundi matin, sur les grandes lignes de la réforme de l'assurance maladie et sur les principes de la révision de la fiscalité des entreprises.

Principale innovation, les enfants bénéficieront dès l'année prochaine de la prise en charge gratuite des primes, progressivement financées par les impôts, soit 1,5 milliard en 2007 et 3 milliards l'année suivante. S'ils échappent à l'instauration d'un impôt spécial comme le demandaient les sociaux-démocrates, les assurés soumis au régime d'assurance obligatoire et les employeurs devront accepter une hausse de 0,5% de leurs cotisations pour combler le déficit des caisses. Angela Merkel s'était farouchement opposée à un financement de la réforme du système de santé par des hausses d'impôts. L'opinion publique est en effet déjà très remontée contre l'augmentation de trois points de la TVA qui passera de 16 à 19% l'an prochain.

Après deux années bénéficiaires consécutives, les assurances maladie annonçaient des prévisions allant jusqu'à 8 milliards d'euros de déficit dès l'an prochain. Mais le système de santé souffre aussi d'une accumulation de maux: vieillissement de la population, taux de chômage élevé et donc perte de cotisations prélevées sur les salaires, explosion des coûts de la santé, manque de concurrence entre les caisses légales et absence de responsabilité individuelle des «consommateurs» par manque de transparence du système, le tout allié à une administration paralysante.

Angela Merkel et la CDU veulent surtout découpler les primes d'assurance des cotisations sociales payées par les entreprises, pour faire baisser les coûts sociaux du travail. Or, dénoncent déjà les experts, l'accord trouvé lundi ne propose aucune amélioration structurelle. Mais l'accord sur les impôts des sociétés prévoit tout de même de ramener la pression fiscale globale des entreprises de 39 à 30%.