C'est de l'Elysée qu'est parti le coup d'envoi. Deux mois avant l'accession de la France à la présidence tournante de l'Union européenne, l'entourage de Nicolas Sarkozy a évoqué en début de semaine les favoris dans la course aux futurs postes de commande de l'UE.

Sans surprise, les noms du portugais José-Manuel Barroso - président sortant de la Commission et candidat à sa succession - et celui de Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois donné partant pour le poste de président du Conseil européen qui sera élu pour 2 ans et demi, arrivent en tête: «Ces deux-là sont largement favoris», a-t-on confirmé à Paris. Avec un zeste de suspense: «La seule surprise pourrait venir d'un échange de fonctions entre les deux...».

L'affaire, pourtant, pourrait contraindre Nicolas Sarkozy à mouiller sa chemise plus que prévu. D'abord, en raison de l'équation politique: tous deux issu du PPE - le groupe conservateur dominant au parlement européen - et de l'Europe des 15, Barroso et Juncker font grincer des dents chez les socialistes et les libéraux d'une part, et dans les douze nouveaux Etats membres d'autre part.

Quatre postes européens sont en lice. Le futur président du Conseil Européen, pour lequel Nicolas Sarkozy semble avoir abandonné l'idée d'imposer Tony Blair, et le futur Haut représentant pour la politique extérieure doivent prendre leurs fonctions au 1er janvier 2009 si le Traité de Lisbonne est dûment ratifié. Deux autres, le président de la Commission et le président de l'Europarlement, seront désignés à l'automne 2009 après les élections européennes de juin. Un dernier poste de prestige bruxellois, celui de secrétaire général de l'Otan - libre courant 2009 - pourrait servir de «variable d'ajustement» et aller au premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen. Parmi les autres «nominés» cités figurent l'ex chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, l'ex premier ministre irlandais Bertie Ahern ou le Haut représentant sortant Javier Solana ou Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes.