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Sarkozy: «La lutte contre la fraude fiscale est morale, mais doit respecter des règles»

Le président Nicolas Sarkozy a jugé lundi «morale» la lutte contre la fraude fiscale, mais a assuré que gouvernement et justice respecteraient les «règles», à propos de l’exploitation de fichiers dérobés par un employé de la banque HSBC. En Suisse, Moritz Leuenberger qualifie lui d’«indigne» l’usage de documents volés

«Nous ne sommes pas là pour protéger les fraudeurs. Maintenant il y a des règles et elles doivent être respectées», a déclaré Nicolas Sarkozy interrogé lors d’une conférence de presse consacré au grand emprunt. «La lutte contre la fraude fiscale, elle est morale», a affirmé le chef de l’Etat français, tout en rappelant que la France était «un Etat de droit».

Il a apporté son «soutien» à son ministre du Budget Eric Woerth. Ce dernier a reconnu que l’ancien employé avait été une «source» pour l’obtention de la liste des personnes soupçonnées d’évasion fiscale par le gouvernement français.

Sur la TSR, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger a pour sa part estimé qu’un «Etat de droit ne peut pas utiliser des documents volés», un juge ou un procureur non plus. «Il est donc indigne pour les autorités d’un Etat de droit d’utiliser des actes volés», a-t-il déclaré dans le «Téléjournal».

Enquête lancée Le procureur de la République de Nice, Eric de Montgolfier, a ordonné l’ouverture d’une enquête pour blanchiment sur les comptes communiqués à la justice française par l’ancien cadre de HSBC. «Je fais confiance à Eric Woerth et à la justice pour voir dans quelles conditions cela doit être mené», a déclaré le président.

«C’est à la justice de dire ce qu’il en est. Mais imaginez aussi une administration qui reçoit des renseignements et qui les met à la poubelle», a-t-il ajouté, avant d’ironiser: «Sans doute, on nous aurait félicités pour notre respect scrupuleux des règles juridiques françaises».

Dénoncer un système L’ancien cadre informatique de HSBC a justifié son geste dimanche sur France 2. Il a affirmé qu’il voulait dénoncer un système et ne pas «faire l’autruche».

«Si vous découvrez que toutes les strates des structures, trusts, off shore, permettent de contourner les mises en place de prélèvements, de taxes, de TVA, que la seule légitimité de ces structures, c’est ça, ou vous faites l’autruche, ou vous essayez de comprendre», a déclaré l’informaticien, qui s’exprimait pour la première fois dimanche soir. «Non je n’ai pas reçu d’argent […] non je n’ai pas peur, non je ne me cache pas», a-t-il ajouté.

L’informaticien avait été arrêté puis libéré en décembre 2008 par la police suisse, qui le suspectait d’introduction frauduleuse dans un système informatique. Il avait ensuite quitté le pays pour la France, bien qu’il affirme n’avoir «collecté que des données auxquelles on avait libre accès». Il vit désormais dans la région de Nice, dans le sud de la France.

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