Le président français Nicolas Sarkozy a appelé lundi les organisations internationales à modifier leur système statistique, aujourd’hui dominé par le seul Produit intérieur brut (PIB) et qui, selon lui, ne prennent pas assez en compte le bien-être des hommes et des femmes.

Recommandations de Joseph Stiglitz

«La France se battra pour que toutes les organisations internationales modifient leur système statistique en suivant les recommandations» de la commission présidée par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, a déclaré le président français, dans un discours à l’université de la Sorbonne, à Paris.

Nicolas Sarkozy venait de recevoir les recommandations de la commission, qu’il avait mise en place en février 2008, et composée de 22 experts. «Une réflexion collective est désormais engagée, elle ne s’arrêtera pas», il «y aura un avant et un après cette commission», a assuré le président français.

La commission Stiglitz propose notamment que soit mise en place une série d’indicateurs afin de mettre davantage l’accent dans les statistiques économiques sur la mesure du «bien-être» que sur celle de la production.

Intégrer les activités les activités non-marchandes

«Le PIB n’est pas (...) erroné en soi, mais utilisé de façon erronée», notamment quand il est présenté comme «une mesure du bien-être économique», dit le rapport. Il faut, selon cette commission, enrichir la mesure de la croissance y intégrant par exemple des activités non-marchandes (travaux domestiques, bénévolat, etc...).

«Dans le monde entier, les citoyens pensent qu’on leur ment, que les chiffres sont faux et pire, qu’ils (les chiffres) sont manipulés», a affirmé M. Sarkozy. «La France mettra ce rapport à l’ordre du jour de toutes les grandes réunions internationales», a ajouté le président français.

Sommet du G20 de Pittsburgh

Selon un proche collaborateur de Nicolas Sarkozy, le président «est extrêmement déterminé (...) à faire en sorte que les dossiers avancent de façon décisive» lors du prochain sommet du G20 de Pittsburgh aux Etats-Unis qui aura lieu les 24 et 25 septembre .

Claude Guéant, secrétaire général de la présidence française, a cité la question «des règlementations sur les rémunérations excessives», «des normes comptables internationales» et la coordination des instances de régulations des différents pays entre elles. «Il faut absolument aboutir à ce que ça change et le président y est absolument déterminé», a insisté M. Guéant.

Des menaces à prendre au sérieux

Alors qu’on lui demandait si le président de République pourrait quitter la réunion faute de décisions concrètes, le secrétaire général de l’Elysée a assuré que la menace devait être prise «au sérieux». Avant le précédent sommet du G20, début avril à Londres, le président français avait déjà menacé de claquer la porte, en cas de progrès insuffisants.