■Israël: L’espoir d’une réconciliation

«Le gouvernement israélien exprime son espoir que l’important discours du président Obama au Caire conduira de facto à une nouvelle réconciliation entre le monde arabo-musulman et Israël», a indiqué un communiqué de la présidence du Conseil, qui insiste aussi: «Israël veut la paix et fera tout ce qui est en son pouvoir pour élargir le cercle de la paix tout en prenant en considération son intérêt national et en premier lieu sa sécurité». Benyamin Netanyahu avait demandé à ses ministres de ne pas s’exprimer avant de se réunir pour définir une position commune.

Barack Obama a soutenu dans son discours la quête des Palestiniens pour leur Etat et jugé la situation des Palestiniens «intolérable». Il a aussi appelé Israël à cesser la colonisation dans les territoires palestiniens tout en soulignant «le lien inébranlable» entre l’Etat hébreu et les Etats-Unis.

Des responsables de la droite dont un ministre issu du parti Foyer juif (nationaliste religieux) ont estimé de leur côté que le discours laissait craindre une remise en question de l’équilibre entre Israël et les Etats-Unis.

Autorité palestinienne: «Un bon début»

«C’est un discours clair et franc. Il constitue un pas politique innovateur et un bon début sur lequel il faudra bâtir», a déclaré à l’AFP Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.

Il a estimé que Barack Obama at rompu dans son discours avec «la précédente politique américaine partiale» en faveur d’Israël.

«Ses propos sur la situation palestinienne intolérable sont un message qu’Israël doit bien comprendre», a-t-il ajouté.

■ Le Hamas (Bande de Gaza): «Un changement… mais des contradictions»

«Le discours contient beaucoup de contradictions, bien qu’il reflète un changement tangible», a déclaré le porte-parole du mouvement islamiste, Fawzi Barhoum, «ce discours doit être jugé non pas sur la forme mais en fonction de la politique que Obama va appliquer sur le terrain pour respecter la liberté des peuples et leur choix démocratique et le droit du peuple palestinien à la souveraineté sur sa terre».

Dans des déclarations à l’AFP, M. Barhoum a estimé que le discours de M. Obama «joue sur le sentiment et est rempli de civilités, ce qui nous laisse croire qu’il visait à embellir l’image de l’Amérique dans le monde».

«L’une des contradictions réside dans le fait qu’il a dit que le Hamas était soutenu par le peuple palestinien mais il n’a pas appelé au respect de la légitimité du Hamas qui a été démocratiquement élu», a aussi dit M. Barhoum. «Aussi, il a parlé d’une nouvelle politique américaine mais il ne s’est pas excusé pour les politiques erronées qui ont détruit l’Irak et l’Afghanistan».

■ L’Iran

Téhéran n’avait toujours pas réagi, plus de 3 heures après le discours de Barack Obama. Mais ce matin, le guide suprême iranien Ali Khamenei a estimé que la volonté de changement de politique des Etats-Unis au Proche-Orient devait se concrétiser par des actes. «Les nations de la région haïssent les Etats-Unis du fond du cœur parce qu’ils ont vu la violence, les interventions militaires et la discrimination depuis des années», a-t-il affirmé dans un discours public à l’occasion du 20e anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, «le changement ne s’accomplira pas avec des paroles, des discours et des slogans».

■La Turquie

«Le président américain, avec les déclarations qu’il a faites et les engagements qu’il a pris aujourd’hui, montre une fois de plus qu’il est un dirigeant constructif avec qui le monde musulman peut s’engager dans un partenariat pour la paix et la stabilité», a estimé le président turc Abdullah Gül. Ses positions sur le Proche Orient sont «très pertinentes».

«Le fait que le président Obama partage avec sincérité et exprime les sentiments et les pensées de nombreux ressortissants de pays musulmans est des plus encourageants», a-t-il continué.

■L’Union européenne

Pour Javier Solana, chef de la diplomatie européenne, le discours de Barack Obama «va ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le monde arabo-musulman».

Les Français évoquent un discours «à la portée politique majeure… qui montre des Etats-Unis d’Amérique résolument tournés vers le dialogue, la tolérance, le respect mutuel, le refus de toute perspective de tensions entre cultures, entre civilisations… Ce sont les Etats-Unis d’Amérique avec lesquels nous sommes heureux de travailler», a conclu le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.