Brésil

Scandale de corruption: des preuves contre le président Temer

Un rapport préliminaire met en avant des soupçons de «corruption passive». Pour que le président brésilien soit jugé devant la Cour suprême, la demande doit être approuvée par les deux tiers de la Chambre des députés

La police brésilienne assure disposer de preuves stipulant que le président Michel Temer se serait rendu coupable de «corruption passive», selon un rapport préliminaire rendu public mardi par la Cour suprême.

Les éléments de l’enquête «indiquent avec vigueur la pratique de corruption passive», déclare le document, dont une partie du contenu avait fuité lundi dans la presse brésilienne.

Lire aussi: Scandale de corruption: un enregistrement éclabousse le président brésilien

La version finale de ce rapport doit servir de base au procureur général Rodrigo Janot pour présenter une demande de mise en accusation formelle contre Michel Temer. Pour que le chef de l’Etat soit traduit devant la Cour suprême, cette demande doit être approuvée par les deux tiers de la Chambre des députés.

L’enquête repose sur les confessions explosives de dirigeants du géant de la viande JBS qui ont noué un accord avec la justice en échange de remises de peine.

Deux autres chefs d’accusation

L’un des propriétaires de JBS, Joesley Batista, a déclenché un véritable séisme politique à la mi-mai en remettant aux autorités un enregistrement sonore dans lequel le président semble donner son accord pour acheter le silence d’un député aujourd’hui en prison.

Les témoignages font aussi état du paiement de millions de dollars de pots-de-vin pour alimenter les caisses noires de partis de tout bord, y compris le PMDB de Michel Temer.

Le rapport des enquêteurs évoque des preuves du versement de pots-de-vin à l’ex-député Rodrigo Rocha Loures, ancien proche collaborateur du président, arrêté le 3 juin dernier. Filmé en train de recevoir une valise pleine de billets, il est cité par plusieurs dirigeants comme l’intermédiaire de Michel Temer pour le paiement de ces dessous-de-table.

La police fédérale doit achever dans les prochains jours son rapport, qui, en plus de la corruption passive, portera aussi sur deux autres chefs d’accusation: entrave à la justice et association de malfaiteurs.

Publicité