Royaume-Uni

Scandale des notes de frais: Brown suspend un ministre

Downing Street suspend Shahid Malik, secrétaire d’Etat à la Justice

Le scandale des notes de frais des députés britanniques, révélé tout au long de la semaine par le Daily Telegraph, n’en finit pas de provoquer des remous. Vendredi, le secrétaire d’Etat à la Justice, Shahid Malik, a été suspendu de son poste dans l’attente des résultats d’une enquête sur ses notes de frais. Jeudi déjà, un ex-ministre travailliste, Elliot Morley a été suspendu de la section du New Labour à Westminster. Et Andrew MacKay, conseiller de David Cameron, leader de l’opposition, à la Chambre des Communes, a dû démissionner.

Au vu des fortes répercussions médiatiques de l’affaire, une vingtaine de parlementaires ont déjà remboursé une partie des sommes qu’ils avaient touchées au travers des notes de frais pour un montant total de 220’000 francs. Les racines du scandale résident non pas dans le fait que les parlementaires puissent faire des notes de frais, mais dans les abus ubuesques qui ont été constatés. Ainsi, certains politiciens, travaillistes et conservateurs, ont pu couvrir avec de telles notes les frais d’entretien de leur piscine ou de leur court de tennis. D’autres ont utilisé cette manne pour de la nourriture pour chien.

La sanction dans les sondages est manifeste. Dans l’optique des élections européennes du 4 juin, les intentions de vote pour le Parti travailliste ont reculé de 22 à 19%. Dans la perspective des législatives britanniques de 2010, il ne fait guère mieux avec 22%. Quant aux tories, ils subissent également le contrecoup. Les intentions de vote en leur faveur chutent de 37% à 28%. C’est l’extrême droite qui pourrait profiter de cette impopularité des partis dominants, notamment UKIP (UK Independence Party) qu’on dit rivaliser avec les travaillistes. Une première.

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