L’Italie avait semblé jusqu’à maintenant relativement épargnée par le scandale des prêtres pédophiles. Or mardi, le journal Il Fatto Quotidiano révélait qu’environ 130 prêtres ont été «arrêtés, mis en examen ou condamnés» ces deux dernières années pour des délits liés à la pédophilie. Selon l’avocat Sergio Cavaliere, qui a documenté les 130 cas, ce chiffre représenterait «seulement la pointe de l’iceberg».

«Dans aucun de ces cas, l’évêque local n’a avisé la police de l’abus présumé», poursuit-il. Pietro Forno, le procureur adjoint de Milan, qui a instruit plusieurs affaires de prêtres soupçonnés d’abus sexuels – dont dix ont abouti à une condamnation – fait un constat similaire. Les dénonciations ne sont jamais venues des évêques ou d’autres prêtres, dit-il, mais des familles de victimes, qui s’étaient d’abord adressées aux autorités ecclésiastiques, sans résultat.

Existence d’un réseau?

L’enquête du quotidien italien montre que des évêques ont non seulement maintenu en service des prêtres notoirement pédophiles, mais qu’ils les ont aussi laissés en contact avec des enfants. Certains de ces prêtres, malgré des condamnations, ont retrouvé un poste en paroisse. D’autres ont même reçu une promotion.

Selon Il Fatto Quotidiano , la police soupçonne l’existence d’un réseau de prêtres pédophiles. La section de Cuneo a intercepté une conversation d’un prêtre incriminé avec un prélat de Rome. Les deux hommes échangeaient des commentaires sur les qualités physiques d’un enfant.