La cargaison en cause, de 20 tonnes, «est arrivée il y a deux jours d’Autriche», a déclaré à l’AFP Alexeï Alexeïenko, l’un des responsables de Rosselkhoznadzor. Ces saucisses, produites dans la ville autrichienne de Linz, ont été testées et de l’ADN de cheval y a été identifié, a-t-il précisé.

L’entreprise en cause a été retirée de la liste des sociétés autorisées à importer de la viande en Russie et la marchandise en cause sera soit détruite, soit retournée au fournisseur.

C’est la première fois que de la viande de cheval est identifiée en Russie depuis l’éclatement du scandale qui touche désormais la plus grande partie du continent européen. «L’origine de cette viande est inconnue», a souligné Alexeï Alexeïenko, relevant que des animaux âgés et malades pouvaient avoir été abattus pour produire cette viande.

Ces saucisses arrivées par transport routier ont été identifiées par les services douaniers dans la région de Moscou, a indiqué de son côté à l’agence russe Interfax le directeur de Rosselkhoznadzor, Sergueï Dankvert. «Il n’y avait pas de problème avec leur apparence, tous les papiers étaient en règle, mais dans la mesure où la viande venait d’Europe, des échantillons ont été envoyés pour faire des tests», a-t-il expliqué.

La viande de cheval est relativement répandue dans les restaurants et magasins russes, où elle est considérée comme un mets haut de gamme.

Les hot-dogs d’Ikea en question

Le géant de l’ameublement Ikea, qui vend également des spécialités culinaires suédoises et a arrêté lundi la vente de boulettes de viande, a annoncé mercredi retirer de nouveaux produits de ses rayons, après avoir reçu des premiers résultats positifs à la viande de cheval.

Le retrait concerne les hot-dogs en France, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Irlande et au Portugal et deux plats typiques en Suède: les wallenbergare (un steak haché amélioré) et le kaalpudding (un gratin de choux à la viande hachée), a précisé le groupe dans un communiqué.

«Nous avons reçu les résultats de plusieurs centaines de tests (...) une poignée d’entre eux indique la présence de viande de cheval dans les boulettes», a indiqué à l’AFP une porte-parole du groupe, Ylva Magnusson, sans préciser la quantité d’ADN équin retrouvée. Le retrait des hot-dogs est «une mesure de précaution», a-t-elle ajouté. «Nous n’avons pas trouvé de traces de cheval dans les saucisses utilisées (à base de porc et de bœuf) mais nous allons approfondir nos tests sur ce produit», a expliqué la porte-parole. Ces saucisses sont, comme les autres produits concernés, produites par un fournisseur suédois d’Ikea, Dafgaard.

Le Portugal touché

Les autorités portugaises ont saisi 79 tonnes de produits à base de viande de boeuf contenant de la viande de cheval non déclarée et cinq procédures pour fraude ont été ouvertes. Les saisies ont été réalisées dans des «établissements industriels de préparation, emballage et distribution de produits à base de viande aux grandes surfaces», a précisé l’Autorité pour la sécurité alimentaire et économique (ASAE) dans un communiqué sur son site internet.

L’agence sanitaire, qui a commencé ses investigations depuis plusieurs semaines, a indiqué avoir également saisi dans magasins 18.839 paquets de produits à base de viande de boeuf contenant du cheval, notamment des lasagnes, des hamburgers, des cannellonis et des boulettes de viande. Le scandale de la viande qui touche plusieurs pays européens, a pour la première fois atteint le Portugal la semaine dernière, quand le groupe agro-alimentaire Nestlé a décidé de retirer des plats de lasagnes destinés au marché de la restauration.