Le scénario d’un «Grexit» est évité grâce à un accord

Zone euro L’accord empêche Athènes de se retrouver en situation de faillite

Le gouvernement grec doit soumettre son projet de réformes au plus tard ce lundi

Un accord politique a été arrêté in extremis vendredi soir à la réunion de l’Eurogroupe sur l’extension du programme d’aide à la Grèce pour une durée de quatre mois. La voie est désormais libre pour une évaluation des réformes en cours et, par la suite, pour le déblocage des fonds qui devraient permettre à Athènes de ne pas être en situation de défaut de paiement ces prochains mois. Selon l’accord, les autorités grecques doivent préciser leur projet de réformes au plus tard ce lundi. Elles ne pourront pas introduire de façon unilatérale de nouvelles mesures budgétaires qui risqueraient de faire dérailler l’équilibre budgétaire.

Un intense ballet diplomatique mené durant plusieurs heures, précédant la troisième réunion en dix jours, a fini par rapprocher les positions. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, et le commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, ont fait d’incessants va-et-vient entre les deux principaux protagonistes, le ministre grec des Finances, Janis Varoufakis, et son homologue allemand, Wolfgang Schäuble. «C’est un format atypique, qui a attesté des difficultés à faire dialoguer les deux hommes, mais il a permis d’avancer», a commenté une source proche des négociations. Les ministres se sont mis à la table des négociations à 18h30 alors que la réunion avait été convoquée pour 15 heures.

Il y avait urgence. Le programme actuel expire dans sept jours. Passé le délai, la Grèce n’aurait plus été en position de rembourser ses dettes. Ce scénario pouvant conduire au Grexit (la sortie du pays de la zone euro) avait refait surface depuis quelques jours. Craignant un échec de la réunion, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait déjà demandé la tenue d’un sommet européen spécial ce dimanche. Autre préoccupation: les clients de banques grecques, par crainte de l’introduction de restrictions, ont accéléré les retraits ces derniers jours. Entre jeudi et vendredi, ils auraient retiré près d’un milliard d’euros. Les autorités craignaient le pire durant ce week-end prolongé, lundi étant jour férié en Grèce.

Dans une lettre adressée jeudi à l’Eurogroupe, le ministre grec des Finances avait demandé l’extension du programme d’aide en cours pour une durée de six mois. Il s’engageait à respecter l’équilibre budgétaire, mais aussi à introduire des mesures humanitaires pour aider les victimes de la crise qui sévit dans le pays depuis cinq ans. Le ministre allemand avait jugé les engagements du gouvernement grec insuffisants. Wolf­gang Schäuble ne voulait pas non plus entendre parler de détricoter des mesures mises en place en 2010.

Les contacts téléphoniques n’ont pas cessé durant les dernières vingt-quatre heures. Alexis Tsipras s’est entretenu avec la chancelière allemande, Angela Merkel, le président français, François Hollande, et le premier ministre italien, Matteo Renzi. La réunion n’avait toutefois pas commencé sous les meilleurs auspices. Outre l’Allemagne, il y avait aussi l’Espagne, le Portugal, la Finlande, la Pologne, les Pays-Bas et les trois pays Baltes dans le camp des intraitables. Tous ont insisté sur le respect strict du programme.

La Grèce a bénéficié de deux programmes d’aide pour un total de 240 milliards d’euros depuis 2010.

Un intense ballet diplomatique avant la réunion, la troisième en dix jours, a fini par rapprocher les positions