Avec la démission du premier ministre Yves Leterme, la Belgique est une nouvelle fois en crise, mais cela ne signifie pas pour autant la fin du pays. «Aucune des grandes familles politiques ne le souhaite», répètent leurs présidents. Le roi Albert II n'a toujours pas accepté cette démission, se réservant le temps de consulter toutes les parties durant cette semaine. Toutefois, certains voient mal la remise en selle d'Yves Leterme alors qu'il en est à son troisième échec. Autre possibilité: la convocation de nouvelles élections. Mais aucun des grands partis ne le souhaite: dans l'état actuel d'exaspération, des élections ne profiteraient qu'aux partis populistes. Le scénario qui a la cote: sans toucher à la coalition gouvernementale, un nouveau premier ministre est nommé. On évoque le nom de Didier Reynders, chef de file des libéraux francophones. Les Flamands pousseraient ainsi les francophones à «se mouiller».

Du côté flamand, le plus revendicatif en matière d'autonomie, on souligne qu'on a sans doute atteint les limites du modèle fédéral. La solution de rechange? Un Etat confédéral, où ce seraient les régions qui transféreraient des compétences au fédéral, comme la justice ou la défense, et non plus l'inverse. Reste la question de Bruxelles, verrou de la Belgique.