EUROPE

Le ton se durcit vis-à-vis de Londres 

Après de longues consultations jeudi soir et vendredi, le sommet européen tente toujours d'arracher un accord. La Belgique et la Pologne commencent à montrer des signes d'impatience

Aucun accord pouvant éloigner le spectre du Brexit, c'est-à-dire la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), n'était encore en vue au sommet européen vendredi après-midi. Mais les chefs d'Etat et de gouvernement ne désespèrent pas. Ils ont débuté la deuxième journée du sommet européen par un déjeuner de travail tardif, à 16h00, dans l'espoir de trouver un compromis. Après un long tour de table la veille et des consultations tous azimuts qui ont duré jusqu'à l'aube vendredi, avant de reprendre quelques heures plus tard, les négociateurs ont été unanimes: des progrès ont été réalisés, mais beaucoup reste à faire. Des diplomates n'excluent pas que les travaux se poursuivent jusqu'à tard vendredi soir ou qu'ils se prolongent durant le week-end.

Le premier ministre britannique a lui-même avoué vendredi matin que des négociations serrées allaient se poursuivre et qu'il tenait à arracher un accord crédible sur la base duquel il pourrait demander à ses compatriotes de soutenir le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE. Un référendum serait organisé à cet effet en juin prochain. «Je ne conclurai un accord que si nous obtenons ce dont notre pays a besoin», a martelé David Cameron. Ce dernier est sous la forte pression de la presse britannique ainsi que des membres de son propre parti, qui estiment que les négociations qui ont lieu à Bruxelles ne servent pas les intérêts du Royaume-Uni.

Le ton monte

Un fait n'est pas passé inaperçu au siège du Conseil européen où se sont réunis les Vingt-Huit. La délégation polonaise qui a été jusqu'à présent plutôt compréhensive à l'égard des revendications britanniques, en est venue à adopter un ton plus critique. Selon un diplomate, les exigences de Londres, soit vouloir introduire un frein d'urgence pour limiter l'immigration et indexer les allocations sociales aux enfants des migrants travaillant au Royaume-Uni, ces exigences sont inacceptable d'autant plus que d'autres pays comme l'Allemagne et le Danemark demandent à utiliser la même mesure restrictive. La Pologne, mais aussi les autres pays de l'Est, refusent en effet de faire les frais des revendications britanniques. La première ministre polonaise Beata Szydlo a affirmé qu'elle souhaitait un accord, « mais pas à n'importe quel prix ».

Pour sa part, la France est restée prudente, plus particulièrement sur la revendication d'après laquelle la place financière britannique ne serait pas soumises aux règles européennes. « Il faut qu'il y ait une régulation financière qui vaille sur toute les places de l'Europe », a rétorqué le président François Hollande. Le premier ministre belge a renchéri: « Qu'un pays en dehors de la zone euro puisse avoir une stratégie qui va à l'encontre de celle de la zone euro, cela n'est pas acceptable », pour Charles Michel.

La Belgique est allée encore plus loin dans sa critique. Avec la France, elle insiste pour inclure une clause d'autodestruction dans tout éventuel accord, ce qui voudrait dire que celui-ci ne serait valable que si les Britanniques votent pour rester au sein de l'UE. « Nous ne voulons pas que ce document serve de base à tout autre pays pour avancer de nouvelles revendications, a déclaré Charles Michel. Nous avons beaucoup fait pour comprendre les revendications britanniques, mais nous ne voulons pas violer les règles européennes pour satisfaire le Royaume-Uni. »

Enfin, la Grèce de son côté menace de n'accepter aucune des conclusions du sommet, accord avec Londres compris, si elle n'obtient pas la certitude du statu quo sur ses frontières, et qu'aucun Etat ne fermera unilatéralement ses frontières jusqu'au 6 mars. 

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