Depuis Salt Lake City, l’interstate 80 longe d’abord le Grand Lac Salé, puis plonge dans le désert de sel de Bonneville. Si les voyageurs aiment se prendre en photo dans cette immensité blanche d’une beauté à couper le souffle, ils ignorent souvent qu’un drame se trame pas loin: sous l’effet du réchauffement climatique, le Grand Lac Salé s’évapore toujours plus. Parmi les principales victimes figurent des crustacés, les artémies, et ceux qui les mangent, les oiseaux migrateurs, dont des pélicans. La qualité de l’air à Salt Lake City en pâtit également. Car en perdant de sa surface et en s’asséchant, le lac engendre désormais des tempêtes de poussières contenant de l’arsenic, présent naturellement dans les roches de l’Utah, et libère des particules fines.