Les bureaux de vote ont ouvert dimanche matin en Espagne pour les secondes élections législatives depuis décembre. Celles-ci ont été convoquées après six mois de blocage politique. La gauche, dont Podemos, et la droite sont au coude à coude.

Un peu plus de 36 millions d'électeurs sont appelés à se prononcer jusqu'à 20h00 pour dire s'ils souhaitent le maintien au pouvoir de la droite ou s'ils préfèrent un changement, incarné notamment par la coalition de gauche radicale Unidos Podemos (Unis nous pouvons). Les premiers résultats officiels sont attendus vers 22h30 dimanche.

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En décembre dernier, les Espagnols s'étaient déjà prononcés pour un changement, en punissant les deux grands partis qui rythmaient la vie démocratique du pays depuis plus de 30 ans.

Le Parti populaire (PP) du chef du gouvernement conservateur sortant Mariano Rajoy a ainsi perdu sa majorité absolue, obtenant 28,7% des suffrages, même s'il est arrivé en tête. Il part toutefois favori de ce nouveau scrutin. Le Parti socialiste avait enregistré il y a six mois le pire résultat de son histoire, tout en restant deuxième. Ces deux formations ont dû céder des sièges à deux nouveaux partis: Podemos et le libéral Ciudadanos.

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Mais depuis six mois, le nouveau souffle incarné par l'arrivée au Parlement de jeunes députés en chemise, jeans et dreadlocks a tourné au blocage. Personne n'a voulu investir un nouveau gouvernement de Mariano Rajoy, dont la formation est mise en cause dans de multiples affaires de corruption. Et les frères ennemis de la gauche (les socialistes et Podemos) n'ont pas réussi à s'entendre pour nouer une alliance qui aurait pu, avec le soutien de petits partis régionaux nationalistes ou indépendantistes, former un autre cabinet.

La 4e économie de la zone euro est donc dirigée depuis décembre par un gouvernement sortant qui ne peut qu'expédier les affaires courantes, et n'a le droit d'engager aucune nouvelle dépense ou réforme. Résultat: le roi Felipe VI a convoqué ce nouveau scrutin.