A Concepcion, la deuxième ville du Chili, à plus de 400 km au sud de Santiago, des secouristes tentaient dimanche matin de pénétrer dans un immeuble effondré de 14 étages, où selon le maire une centaine de personnes seraient toujours bloquées.

Equipés de détecteurs thermiques, les pompiers escaladaient les blocs de béton pour localiser des survivants. «Les heures, le temps, sont la variable critique pour sauver les personnes qui sont à l’intérieur», a déclaré la maire Jacqueline van Rysselberghe.

Des dizaines de maisons de Concepcion ont été détruites, des voitures écrasées, des routes éventrées et des ponts détruits. Dimanche matin, plusieurs dizaines de personnes ont pillé un grand supermarché de la ville. Deux millions de sinistrés

Dans l’ensemble du Chili, le nombres de sinistrés est évalué à deux millions. La ville de Curico, à 200 km au sud de Santiago, a été en partie détruite. «Environ 90 % du centre historique est à terre. C’est-à-dire, 60 % de Curico», se désolait Marcelo Vasquez, un journaliste de la Radio Estacion Uno.

Curico a également perdu son église traditionnelle, beaucoup de ses maisons anciennes, et la côte, balayée par des vagues géantes, a subi d’importants dégâts.

Plus au sud, dans le port de Talcahuano, l’impact d’un tsunami a propulsé des bateaux jusque dans le centre ville. Lloca, à 130 km de Curico, a été balayé par une vague géante. Cinq personnes ont péri et onze étaient portées disparues sur la petite île de Robinson Crusoe, à 700 km des côtes chiliennes.

Selon les calculs de la société américaine EQECAT, spécialisée dans la modélisation du risque, le coût des dégâts occasionnés par le séisme pourrait atteindre entre 15 et 30 milliards de dollars. La firme évalue ce coût à 10 à 15 % du produit intérieur brut (PIB) chilien. Ambassade suisse endommagée

La chancellerie de l’ambassade de Suisse à Santiago a été gravement endommagée, a confirmé dimanche le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Malgré les dégâts, les autorités chiliennes ont demandé à la communauté internationale d’attendre avant d’envoyer de l’aide. «Une aide qui arrive sans avoir été définie n’est pas d’un grand secours», a déclaré le chef de la diplomatie Mariano Fernandez.

La Suisse a envoyé une équipe de reconnaissance basée en Amérique latine. Les experts devaient arriver dimanche sur place.

D’une magnitude de 8,8 sur l’échelle de Richter, le séisme qui a frappé le Chili est l’un des plus violents enregistrés dans le monde depuis plus de cent ans. Au total, 90 % des personnes tuées l’ont été dans leur sommeil, lorsque la secousse a ébranlé le centre du pays samedi à 03h34 locales (07h34 suisses). Et 1,5 million de logements ont, selon les autorités, été endommagés.

Le Chili se trouve dans l’une des zones à la plus forte activité sismique au monde. Pour le ministre des Travaux publics Sergio Bitar, «l’infrastructure chilienne a résisté», le pays étant préparé pour faire face à un séisme, avec des normes de construction antisismique. Alertes au tsunami

Au delà du Chili, les conséquences du tremblement de terre ont été ressenties dans de nombreux pays du Pacifique. Au Japon, un tsunami de 120 cm a atteint dimanche matin le port de Kuji, dans le nord-est, après un premier raz-de-marée de 90 cm.

Dimanche à 11h00, les autorités japonaises ont toutefois abaissé le niveau d’alerte au tsunami, passé de «majeur» à «normal». La mesure concerne les trois préfectures d’Aomori, Iwate et Miyagi, au nord de Honshu, les plus exposées au risque de raz-de-marée majeur.

Dans ces trois préfectures, 320 000 personnes ont reçu l’ordre d’évacuer les zones côtières et de se rassembler dans des écoles ou bâtiments publics, où des couvertures, de l’eau et de la nourriture ont été stockées.

Dimanche matin, le centre d’observation américain des tsunamis pour le Pacifique a pourtant levé l’alerte émise la veille pour l’ensemble des pays de la zone, considérant que «les régions côtières qui n’ont pas encore été touchées» ne devraient pas être affectées.