revue de presse

Secousses électorales des deux côtés du Rhin

La CDU d’Angela Merkel défaite dans le Bade-Wurtemberg. L’UMP de Nicolas Sarkozy chahutée par le Front national. Sale temps pour les partis aux commandes en Allemagne et en France

Alors que le Parti démocrate-chrétien d’Angela Merkel, la CDU, essuie une défaite historique dans le Bade-Wurtemberg, le résultat des élections cantonales françaises montre que Nicolas Sarkozy n’arriverait aujourd’hui qu’en troisième position au premier tour de la présidentielle, derrière le candidat socialiste, quel qu’il soit, et la nouvelle égérie du Front national, Marine Le Pen. Un revers cuisant pour les pouvoirs en place en Allemagne et en France.

Si la CDU perd un Land qu’elle détenait depuis des décennies, la victoire est tout autant «historique» pour les Verts, qui devraient prendre le leadership à Stuttgart, estime Die Welt. Il y a donc de quoi «pavoiser» pour eux: c’est, selon le Spiegel et le Stern, la «révolution verte» et, pour la Berliner Morgenpost, la «révolution souabe». Die Zeit juge, elle, que si la droite allemande «est en ruine», c’est pour elle la meilleure occasion de rebondir. Car son vieil ennemi, les sociaux-démocrates, n’est pas mieux loti.

Cette élection «fixe des destins», pour la Süddeutsche Zeitung: «La CDU en crise d’identité, les libéraux du FDP en crise existentielle et les Verts tambour battant avec le triomphe» de Winfried Kretschmann, qui a «créé la sensation» aux yeux de la Stuttgarter Zeitung. Même si naturellement, la catastrophe nucléaire au Japon a joué en sa faveur, aux yeux de la Tageszeitung: «Les Verts rayonnent», a cru bon de jouer sur les mots le Bild. La détention du pouvoir n’est donc «pas éternelle», constate la Frankfurter Allgemeine, et il est bien loin le temps où «l’influence du Bade-Wurtemberg» était si forte à Bonn, à l’époque du chancelier CDU Helmut Kohl.

Pendant ce temps-là, «et pourtant», écrit Le Figaro, «il existe au moins un homme en France qui juge possible une réélection de Nicolas Sarkozy. C’est le président lui-même.» Ce, même si les six cartes des tendances politiques mises en ligne par Le Monde montrent exactement le contraire et que Libération considère, sur sa une ornée de Marine Le Pen, que c’est un «avertissement», que «la droite est en train de muer idéologiquement» suite à ce que L’Humanité considère comme «un score historiquement bas d’une UMP qui s’était proclamée parti unique de la droite»: «Les Français confirment la sanction», titre Le Progrès de Lyon.

Résultat des courses: «Jamais, dans l’histoire de la Ve République, un président sortant n’a été donné battu dès le premier tour», s’exclame L’Alsace. Adepte des grandes leçons historiques, Le Républicain lorrain, lui, estime que «la légitimité de Nicolas Sarkozy est à ce point mise en doute par ses propres amis qu’il lui faut maintenant redouter une réédition de cet «appel des quarante-trois» qui, dans le camp gaulliste, sabota la candidature Chaban au profit de Giscard».

Un double regard croisé pour terminer? «Alors que les Allemands ont défilé, samedi 26 mars, contre le nucléaire et contre leur propre chancelière, Angela Merkel, le camp conservateur-libéral a perdu une élection régionale cruciale», juge Le Monde. Et dans la presse allemande? On a beau chercher, mais on peine à trouver des commentaires sur les cantonales françaises: «Schlappe [la gifle] für Sarkozys Partei», lit-on sur les sites d’outre-Rhin, qui ne publient guère que des dépêches d’agence. Quant au mot-clé «Sarkozy», il renvoie surtout à la Libye…

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