A la question «Êtes-vous candidate aux primaires?», Ségolène Royal répond: «Le moment est venu d’avancer dans la clarté et la simplicité: ma réponse est oui», dans un entretien avec La Nouvelle République du Centre Ouest et Centre Presse, deux journaux de la région Poitou-Charentes dont elle est présidente. Ségolène Royal, 57 ans, qui avait été battue par Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, est le premier ténor du PS à entrer dans la bataille des primaires.

Les deux autres poids lourds socialistes, le patron du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, qui caracole en tête des sondages, et la première secrétaire Martine Aubry, n’ont pas encore levé le voile sur leurs intentions, mais ne devraient pas se présenter l’un contre l’autre. Ségolène Royal semblait s’être jointe l’été dernier à ce «pacte de non-agression» censé donner une image d’unité à un parti connu pour ses divisions internes.

Mais celle qui adore se comporter en électron libre du PS et surgir là où on ne l’attend pas a fait machine arrière il y a quelques jours en affirmant qu’il n’y avait «aucun pacte» entre les trois leaders, contrairement à ce que venait justement d’affirmer Martine Aubry.

La candidature anticipée de Ségolène Royal risque de semer un peu plus la confusion au PS. Les dirigeants du parti étaient d’ailleurs rares à réagir lundi soir. «Chacun est libre de se présenter», a déclaré le numéro 2 du PS, Harlem Désir.

Le but des primaires est de moderniser le parti en assurant une forte légitimité populaire au candidat. Ces primaires devraient être ouvertes à un corps électoral large, composé de ceux qui se diraient sympathisants du PS et pouvant atteindre plusieurs millions de personnes comme en Italie.

Le calendrier prévoit un dépôt des candidatures avant l’été 2011, puis le choix du candidat à l’automne. Mais de nombreuses voix demandent une accélération du processus de désignation du candidat à la présidentielle car, à droite, Nicolas Sarkozy vient de remanier son gouvernement dans le but de préparer l’échéance du printemps 2012, même s’il a dit qu’il ne prendrait sa décision qu’à l’automne 2011.

«Je sais d’expérience qu’il faut plus que quelques mois pour se préparer et pour rassembler. Qui ne voit pas que la droite est déjà en campagne, d’ailleurs elle ne s’en cache pas», explique ainsi Ségolène Royal.

Cette accélération du processus est rejetée par Martine Aubry et surtout par les partisans de Dominique Strauss-Kahn, dont le mandat au FMI ne s’achève qu’à l’automne 2012. Avant Ségolène Royal, Manuel Valls et Arnaud Montebourg, deux députés quadragénaires issus respectivement de l’aile droite et de l’aile gauche du parti, avaient déclaré leur candidature. Ils pourraient être suivis prochainement par l’ancien premier secrétaire François Hollande.

En 2007, à la précédente présidentielle, Ségolène Royal avait emporté la candidature, à l’occasion d’un vote uniquement de militants, face à Dominique Strauss-Kahn et à l’ancien premier ministre Laurent Fabius. Elle avait ensuite été battue par Nicolas Sarkozy (53%).

Prétendante aux fonctions de chef du PS au congrès de Reims en 2008, elle a été battue par Martine Aubry, après une lutte acharnée et est un peu isolée au sein du parti, même si elle jouit toujours d’une bonne cote de popularité à l’extérieur.