Ségolène Royal, très critique envers le pouvoir, a été démise vendredi, en Conseil des ministres, de ses fonctions d'ambassadrice des pôles, et sera «prochainement remplacée», a annoncé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

«Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères (Jean-Yves Le Drian) a proposé que Ségolène Royal n'occupe plus ses fonctions d'ambassadrice chargée des pôles et elle sera donc remplacée prochainement», a déclaré Sibeth Ndiaye à l'issue du conseil des ministres.

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Quelques heures plus tôt, la porte-parole avait expliqué sur BFMTV et RMC cette décision car ce poste est «vraiment important parce qu'on sait l'importance qu'ont les pôles et la fonte des glaces dans le phénomène du réchauffement climatique. Donc c'est un sujet sérieux dont il faut s'occuper avec sérieux».

Quelques minutes plus tard seulement, Ségolène Royal a réagi sur Twitter, un outil de communication qu'elle utilise depuis des semaines pour pilonner la politique du gouvernement: «je prends acte de mon limogeage car je choisis ma liberté de parole.»

Les critiques répétées envers le pouvoir de l'ancienne ministre PS, finaliste de la présidentielle 2007, lui avaient valu, le 7 janvier, une lettre du ministère des Affaires étrangères la rappelant à son «devoir de réserve» et la sommant de mettre un terme à ses salves répétées, sous peine d'être limogée de cette fonction qu'elle occupait depuis 2017 sur nomination d'Emmanuel Macron.

«La diplomatie, c'est une mission, la politique en est une autre», l'avait également avertie le Premier ministre Edouard Philippe.

Eventuelle candidature en 2022 

Selon Sibeth Ndiaye, Ségolène Royal n'a pas «souhaité apporter de réponse à ces observations et donc nous en tirons les conséquences», ajoutant qu'il y aura «évidemment une nomination qui sera faite pour occuper ce poste» désormais vacant.

Dans son message sur Twitter, Ségolène Royal conteste le fait qu'elle n'ait pas répondu au gouvernement en postant un courrier adressé au ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et au président Emmanuel Macron qui est resté, selon elle «sans suite».

Ségolène Royal, qui est par ailleurs visée par une enquête préliminaire sur l'usage fait des moyens mis à sa disposition en tant qu'ambassadrice des pôles, a répété plusieurs fois ces derniers mois qu'elle ne s'interdisait pas de réfléchir à une candidature à la présidentielle de 2022.