Star des sondages à gauche pour la présidentielle de 2007, Ségolène Royal a lancé un nouveau pavé dans la mare socialiste en s'attaquant aux 35 heures de travail, après des propositions musclées sur la sécurité qui gênent son parti mais séduisent l'opinion.

Sur son blog intitulé «Désirs d'avenir», elle s'en est prise à la mesure-phare du gouvernement de Lionel Jospin, votée en 1998, jugeant son bilan «mitigé en termes de qualité de vie». Les 35 heures ont certes permis de créer quelque 350000 emplois mais ont entraîné «un spectaculaire assouplissement du droit du travail» et «une flexibilité accrue», avec comme «résultat non voulu» une «dégradation de la situation des plus fragiles, notamment les femmes ayant des emplois peu qualifiés», juge Ségolène Royal. «La proportion des salariés en horaires flexibles est passée de 10% à 40%, soit plus que les salariés américains. Pour ceux-là, les rythmes de travail ont été intensifiés, les amplitudes horaires étendues», déplore la députée.

Ces critiques contrastent avec l'avant-projet de son parti pour la présidentielle, favorable à une généralisation des 35 heures à tous les niveaux, et interviennent alors que la direction du PS doit boucler mardi le projet final.

Un député socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, l'a accusée «d'assassiner» les 35 heures. Veut-elle être «candidate des socialistes ou contre les socialistes», s'est-il demandé. Le député européen Benoît Hamon a, lui, appelé Ségolène Royal à «arrêter de jeter des bombes».

Ses détracteurs l'accusent de surenchérir vis-à-vis de son rival Nicolas Sarkozy, qui pourrait l'affronter à la présidentielle.