Les spéculations enflent à mesure que se prolonge le séjour médical genevois du président algérien Abdelaziz Bouteflika. La présidence avait annoncé dimanche sa présence à Genève pour effectuer un «contrôle médical périodique». Depuis, c’est le silence radio. Certaines sources assurent qu’il est toujours à la clinique Genolier, où il a déjà séjourné par le passé. D’autres disent qu’il a quitté Genolier pour aller aux hôpitaux universitaires genevois. Les deux établissements ne commentent pas, se retranchant derrière le secret médical.

Agé de 79 ans, Abdelaziz Bouteflika est très affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral survenu en 2013. Ce qui ne l’a pas empêché de se représenter à la présidentielle l’année suivante et d’être largement réélu pour un quatrième quinquennat.

La santé du président est un sujet délicat en Algérie. Même ses adversaires politiques hésitent à aborder la question. Abdelaziz Bouteflika, qui se déplace en chaise roulante et qui a des difficultés d’élocution, n’apparaît plus que très rarement en public. Alger s’était indigné d’une photo diffusée sur Twitter par le premier ministre français Manuel Valls lors de son entretien avec le président algérien le 10 avril dernier. Sur le cliché, on le voit hagard et livide.

Est-ce la raison pour laquelle Abdelaziz Bouteflika a choisi cette fois de venir en Suisse? Il avait été hospitalisé à Paris après son accident vasculaire cérébral. Puis, il avait été admis dans une clinique à Grenoble en 2014, son dernier séjour médical à l’étranger. La légendaire discrétion helvétique offre davantage de tranquillité au patient algérien.