Le Tribunal suprême électoral (TSE) de Bolivie a invalidé jeudi la candidature d'Evo Morales au Sénat car l'ex-président, exilé en Argentine, ne remplit pas l'obligation de «résidence permanente» dans le pays.

Evo Morales avait quitté la Bolivie pour le Mexique après sa démission en novembre, après des semaines de manifestations à son encontre et sous la pression des forces armées, à la suite d'une élection présidentielle controversée. Il s'est ensuite réfugié en Argentine.

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La décision du tribunal «est un coup contre la démocratie. Les membres (de ce tribunal) savent que je remplis les conditions pour être candidat. L'objectif final est l'élimination du MAS», a réagi Evo Morales sur Twitter en parlant de son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS).

L'ex-chef de l'Etat, 60 ans, poursuivi dans son pays pour «sédition et terrorisme» et qui ne peut se représenter à la présidentielle, souhaite briguer un poste de sénateur dans la région de Cochabamba (centre) où il a commencé sa carrière politique.

Luis Arce en tête des intentions de vote

Evo Morales s'était proclamé vainqueur du scrutin du 20 octobre pour un quatrième mandat, mais l'opposition avait crié à la fraude. Après plusieurs semaines de manifestations et son lâchage par la police et par l'armée, il avait annoncé sa démission et les élections ont été annulées.

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Les élections générales du 3 mai visent à élire le président, le vice-président ainsi que 36 sénateurs et 120 députés. En cas de second tour, le scrutin aura lieu le 14 juin.

Selon les derniers sondages, Luis Arce, adoubé par Evo Morales, est largement en tête des intentions de vote, avec 31,6%, devant l'ex-chef de l'Etat centriste Carlos Mesa (17,1%) et la présidente par intérim conservatrice Jeanine Añez (16,5%).