Cent cinquante-quatre sièges au lieu de 144 dans le Sénat sortant: le parti de droite français Les Républicains affichait dimanche soir sa satisfaction, après des élections sénatoriales conformes aux prévisions. Le camp conservateur sort renforcé de ce renouvellement par moitié de la Chambre haute du parlement. L’autre résultat saillant est la reconstitution prochaine d’un groupe écologiste, grâce à l’arrivée d’une dizaine de sénateurs «verts», dont l’élection est la conséquence logique des récentes municipales des 15 mars et 28 juin derniers. Plusieurs grandes villes françaises (Lyon, Poitiers, Strasbourg, Marseille…) se sont dotées de maires écologistes, ce qui a modifié le corps électoral du Sénat, composé des élus locaux (conseillers municipaux dans les métropoles, maires, conseillers départementaux et régionaux).

LREM ne parvient pas à s’ancrer dans les territoires

Sur le plan de la carte politique française, cette victoire de la droite est logique. La surpondération des territoires ruraux est forte lors des élections sénatoriales qui se déroulent par moitié (172 sénateurs étaient renouvelables dimanche, pour un mandat de six ans) et les conservateurs sont majoritaires dans cette partie du pays. La droite se retrouve ainsi en position de force avant la prochaine échéance électorale française: les élections pour les assemblées départementales et régionales de mars 2021, prélude à l’élection présidentielle d’avril-mai 2022. «Le rapport de force attendu se confirme, jugeait, dimanche soir, le politologue Pascal Perrineau, auteur du Grand Ecart (Ed. Plon). Le parti présidentiel La République en marche se maintient, mais ne parvient pas à s’ancrer dans les territoires. La droite et les écologistes progressent. Et là où les Verts l’emportent, ils le font grâce aux électeurs de gauche, ce qui pourrait justifier une future stratégie d’union rose-verte.» Le Parti socialiste recule légèrement avec 65 sièges au lieu de 71.