L’envoi des deux navires de patrouille de 1800 tonnes vise à «accroître la vigilance» autour de cette frontière contestée, théâtre de plusieurs incidents depuis dix ans, selon ces sources. Le ministère sud-coréen de la Défense a refusé de s’exprimer sur une opération en cours.

Une confrontation navale a opposé mardi les deux Corées en mer Jaune à une semaine de la visite à Séoul du président américain Barack Obama.

Les autorités sud-coréennes ont affirmé avoir infligé d’importants dégâts à un bateau nord-coréen qui venait de franchir la frontière maritime en passant outre les tirs de semonce. Cette démarcation maritime entre les deux pays, toujours théoriquement en guerre faute de traité de paix mettant fin au conflit de 1950-53, n’a jamais été reconnue par le Nord.

Les deux voisins se sont rejeté la responsabilité de l’échange de tirs au cours duquel un membre d’équipage nord-coréen aurait été tué et trois autres blessés, selon des sources militaires sud-coréennes citées par la presse.

Depuis 1999, les escarmouches ont fait plusieurs dizaines de morts dans cette zone. Six marins sud-coréens ont ainsi été tués en juin 2002.

Certains experts ont estimé que le régime communiste cherchait peut-être à faire monter la pression à une semaine de la visite à Séoul du président Obama et alors que les négociations à six pays sur le nucléaire sont au point mort. «L’intrusion pourrait avoir été planifiée afin d’exacerber les tensions», estime Baek Seung-Joo de l’Institut coréen d’analyses de Défense, interrogé par l’AFP.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a toutefois annoncé mercredi à Singapour que l’incident intercoréen ne remettait pas en cause la visite prévue d’un émissaire américain à Pyongyang pour reprendre le dialogue sur la dénucléarisation du pays. «Nous espérons bien évidemment que la situation ne va pas s’aggraver (après l’incident naval) et nous sommes rassurés par le calme des réactions jusqu’à présent», a déclaré Hillary Clinton au cours d’une conférence de presse en marge du forum économique Asie-Pacifique (APEC).

Les relations intercoréennes se sont considérablement dégradées depuis l’arrivée au pouvoir en février 2008, du président sud-coréen Lee Myung-Bak, un conservateur partisan d’une ligne intransigeante à l’égard du voisin communiste. La tension s’est aggravée depuis que Pyongyang a mené le 25 mai son deuxième essai nucléaire, condamné par l’ONU, et annoncé n’être plus lié par l’armistice de 1953 ayant mis fin à la guerre de Corée. Début octobre, la Corée du Nord a posé comme condition à la reprise des négociations une discussion bilatérale préalable avec les Etats-Unis.