Les rebelles maoïstes ont tué 75 policiers mardi lors d’une embuscade dans la jungle du centre de l’Inde, a annoncé le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Gopal Pillai. Il s’agit de l’une des attaques les plus sanglantes des «terroristes rouges» contre les forces de sécurité.

Une patrouille de la Force centrale de la police de réserve (CRPF, paramilitaire) a été attaquée à l’aube dans un district de l’Etat du Chhattisgarh, un bastion maoïste. Dépêchés sur place, les renforts ont à leur tour été pris pour cibles par des centaines de rebelles lourdement armés.

Les policiers ont été tués lors d’une intense fusillade et par des explosions de mines. Les rebelles ont par ailleurs fait sauter une voiture blindée envoyée pour récupérer les blessés, ont déclaré des sources policières et un membre du gouvernement local.

Sept policiers ont été blessés dans l’attaque, selon Gopal Pillai. Un précédent bilan fourni par le chef de l’administration locale du Chhattisgarh faisait état de 55 morts. Dimanche, dix policiers avaient déjà été tués par l’explosion d’une mine posée par les insurgés dans l’Etat d’Orissa, dans l’Est. Implantés en zone rurale

Les maoïstes ont multiplié les attaques ces dernières semaines. Ils répondent à une offensive de la police lancée à la fin de l’an dernier dans plusieurs Etats de l’Union.

Mi-février, des maoïstes avaient lancé une spectaculaire attaque contre un campement policier dans l’Est de l’Inde, faisant 25 morts. En mars 2007, 55 policiers avaient été tués dans le même Etat dans une attaque attribuée aux maoïstes.

La rébellion est fortement implantée dans plusieurs régions du pays, en particulier dans les zones rurales isolées, restées à l’écart du boom économique du pays.

Les «terroristes rouges», qui seraient entre 6000 et 20’000, selon les sources, disent lutter pour la défense des paysans sans terre et des tribus. Selon le premier ministre indien Manmohan Singh, ils représentent la plus grande menace pour la sécurité de l’Union