Désarmement

Sergueï Lavrov fustige l’OTAN pour avoir soutenu l’effondrement du traité FNI

Le chef de la diplomatie russe est intervenu mercredi à la Conférence du désarmement (CD) à Genève. Il a riposté à l’attaque virulente des Etats-Unis un jour plus tôt et pointé l’OTAN du doigt pour avoir soutenu l’effondrement du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Mais il refuse d’enterrer la CD

Après la déclaration tonitruante de la secrétaire d’Etat adjointe Yleem Poblete faite mardi à Genève, critiquant sévèrement la Russie, la réplique ne s’est pas fait attendre. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a voulu se présenter en homme raisonnable devant le seul organe multilatéral traitant du désarmement. «Depuis ma dernière intervention devant la Conférence du désarmement (CD), un an a passé. A l’échelle de l’Histoire, ce n’est presque rien. Or nous sommes entrés dans une nouvelle ère en matière de contrôle des armements. Il y a un an seulement, il y avait encore de l’espoir grâce à un dialogue constructif qui allait permettre de surmonter les différends […] et de trouver un compromis.» Le ministre des Affaires étrangères est aujourd’hui moins optimiste et en attribue la faute en particulier aux Etats-Unis: «Mais aujourd’hui, nous voyons un égocentrisme agressif en politique étrangère alimenté par des revendications de droit exclusif à déterminer l’ordre mondial et le sort des gens et des pays.»

Refus du dialogue

La relation Russie-Etats-Unis semble de nouveau tomber dans les travers de la confrontation. Si mardi la diplomate américaine Yleem Poblete dénonçait les violations du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) par la Russie, qui a commencé à développer des missiles de croisière à partir du milieu des années 2000, Sergueï Lavrov a accusé Washington de refuser le dialogue et toute proposition visant à régler les problèmes existants. Il a mis en garde contre une «nouvelle course aux armements qui pourrait être sans précédent», car elle impliquerait une dizaine de pays et bénéficierait des progrès technologiques considérables accomplis depuis les années 1970 et 1980.