Cette réunion spéciale des 47 membres de l’organisation basée à Genève a été convoquée par l’Union européenne alors que la situation ne cesse de se dégrader en Libye. A l’issue d’une journée de débats, les membres du Conseil doivent se prononcer sur un projet de résolution dont l’AFP a obtenu une copie et qui demande notamment la suspension de Tripoli de l’organisation dont elle est membre depuis mai 2010.

Le document dénonce également «des violations d’ampleur et systématiques des droits de l’homme», dont des attaques armées contre des civils. Il réclame la mise en place d’une commission d’enquête indépendante conduite par l’ONU pour recenser sur le terrain ces violences qui pourraient être cataloguées comme des crimes contre l’humanité.

Il exhorte enfin les autorités libyennes à «respecter la volonté du peuple» ainsi que ses aspirations.

L’initiative européenne a été appuyée par de nombreux membres du Conseil dont les Etats-Unis, la Suisse, la Turquie, le Japon, l’Argentine ou encore le Brésil.

Jeudi, la France a fait monter la pression en estimant qu’il y avait des «éléments précis et concordants pour une enquête pour crimes contre l’humanité» dans le pays, évoquant un bilan non confirmé supérieur à 1.000 morts. Paris a également dit souhaité une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

Washington a de son côté clairement fait savoir que les Etats-Unis souhaitaient l’expulsion de la Libye du Conseil des droits de l’homme.

Les ONG ont salué la décision européenne de convoquer cette 15e session extraordinaire du Conseil qui vise pour la première fois un membre de l’organisation.

»Si la résolution est adoptée en l’état, ce sera un vrai succès au vu de la dégradation de la situation en Libye», a estimé une représentante de la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH) à Genève, Julie Gromellon selon laquelle l’issue «se présente bien étant donné qu’il y a un soutien important sur le texte».

»Il n’y a pas de vrai contestation parmi les membres sur les violations commises sur le terrain», a-t-elle ajouté.

Selon les ONG, les pays arabes et africains ne devraient pas s’y opposer.

Ces pays «seraient confrontés à un vrai problème de crédibilité sur leur considération pour les droits de l’homme s’ils votaient contre la résolution, dans une situation où un gouvernement utilise des avions de l’armée contre des manifestants», a insisté le responsable d’Amnesty International, Peter Splinter.