Dans la foulée de l'évacuation de la bande de Gaza et de celle du centre de Bethléem – prévue ce mercredi – par Tsahal, la troisième rencontre officielle entre Ariel Sharon et son homologue palestinien Mahmoud Abbas, mardi soir à Jérusalem, avait pour but d'accélérer l'application de la «feuille de route» en montrant qu'un «vent nouveau» souffle sur la région.

Ce faisant, Sharon et Abbas ont également dressé la liste de leurs divergences. En effet, l'Etat hébreu ne se satisfait pas de la «houdna» (trêve) proclamée vendredi dernier. Il exige de l'Autorité palestinienne (AP) qu'elle démantèle les organisations du refus (Hamas, Djihad islamique, et «Brigades des martyrs Al-Aqsa»). Pour pousser Abbas à déclencher cette épreuve de force interpalestinienne, Sharon lui fait miroiter la possibilité d'un «retrait général de toute la Cisjordanie d'ici quatre à six semaines», mais Abbas refuse d'envisager le recours à la force contre les organisations du refus.

Deuxième problème délicat: Abbas exige l'accélération du démantèlement des colonies juives ainsi que la destruction de la muraille de béton en construction le long de la «ligne verte» séparant Israël de la Cisjordanie. Aux yeux de l'AP, ce mur entérine en effet l'annexion de terres palestiniennes tout en fixant arbi-

trairement une frontière alors que l'Etat palestinien n'a pas encore été créé. Or, Sharon, malgré les pressions américaines, partage l'opinion de la majorité de ses concitoyens selon laquelle «l'érection de cet obstacle empêchera les kamikazes de commettre de nouveaux attentats».

Enfin, d'importantes divergences subsistent au sujet des prisonniers palestiniens puisque Abbas exige leur «libération inconditionnelle et générale» alors que Sharon se déclare «prêt a en faire relaxer quelques-uns mais pas tout de suite et après examen au cas par cas par le Shabak» (la Sûreté générale israélienne). Enfin, Abbas a demandé une nouvelle fois à Sharon de mettre un terme aux opérations de liquidation et aux incursions militaires israéliennes.