Le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell a annoncé mercredi qu’il avait interrompu depuis lundi la production de son champ pétrolier d’EA, au sud du Nigéria, pour des réparations, sans indiquer quand il pourrait la redémarrer.

«Des raisons opérationnelles»

«Nous avons suspendu la production de notre champ pétrolier d’EA pour des raisons opérationnelles. Les unités de production offshore, de stockage et de livraison du site ont été fermées pour réparation lundi», a indiqué à l’AFP Tony Okonedo, porte-parole du groupe. «Une production de 115.000 barils par jour a été interrompue», a-t-il précisé.

Il n’a pas précisé quand la production pourrait reprendre sur ce site, qui avait redémarré récemment après 3 ans de fermeture due à des attaques d’un groupe armé

«Nous avons fermé pour des réparations et le remplacement d’une valve de fermeture d’urgence. Il est difficile de donner un délai pour ce type de travaux. Cela peut prendre plusieurs jours ou plusieurs semaines», a-t-il dit. Il n’a pas non plus précisé si cette fermeture était due à des actes de sabotage.

Menace des groupes armés

Le champ pétrolier d’EA avait fermé en janvier 2006 après des attaques du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend), le groupe armé le plus actif de la région.

Les groupes armés affirment agir au nom d’une plus juste répartition de la manne pétrolière en faveur des populations pauvres du delta du Niger (sud), région riche en hydrocarbures dont le pays tire plus de 90% de ses devises.

En juillet, le Mend avait aussi attaqué le puits de Shell à Cawthorn Channel 1, qui alimente le terminal de Bonny.

Tentatives d’apaisement

Fin juin, le président Umaru Yar’Adua a offert aux militants des groupes armés du sud une amnistie en échange d’un arrêt des violences. L’offre court jusqu’au 4 octobre. Les militants doivent remettre leurs armes dans des centres où les rebelles se font enregistrer, dans le cadre d’un programme de réintégration.

En réponse à cette offre, le principal groupe armé de la région pétrolifère du delta du Niger, le Mend, a annoncé une trêve de 60 jours le 15 juillet, après des semaines d’attaques contre les installations pétrolières et de combats avec l’armée. Plusieurs militants ont depuis accepté de rendre leurs armes.

Depuis l’apparition du Mend en 2006, la production de brut du Nigeria a chuté de près d’un tiers et plafonne actuellement à 1,7 million de baril/jour contre 2,6 mbj trois ans plus tôt.