Dans une interview diffusée vendredi soir à la télévision israélienne, Mahmoud Abbas a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de revivre dans la maison de son enfance à Safed, aujourd’hui en territoire israélien: «Je veux voir Safed. C’est mon droit de voir (Safed), mais pas de vivre là-bas», a-t-il déclaré en anglais.

Ces propos ont en revanche été condamnés par le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, où ils ont provoqué des manifestations.

«Les mots courageux d’Abou Mazen (nom de guerre de Mahmoud Abbas, ndlr) prouvent qu’Israël a un vrai partenaire pour la paix», a estimé M. Peres dans un communiqué. «Ce sont des mots importants. Nous devons, tous, les traiter avec le plus grand respect», a-t-il ajouté.

Dans l’interview, Mahmoud Abbas a aussi réaffirmé son acceptation de l’Etat d’Israël dans les frontières de 1967: «Je suis un réfugié, je vis à Ramallah, je crois que la Cisjordanie et Gaza sont la Palestine et que les autres parties sont Israël».

«La Palestine pour moi, maintenant, c’est: les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale», a-t-il insisté.

Mahmoud Abbas est né à Safed en 1935, alors en Palestine sous mandat britannique, et il a fui comme des centaines de milliers de Palestiniens après la création d’Israël en 1948.

Les positions de Mahmoud Abbas «sont parfaitement en ligne avec celles d’Israël et de la grande majorité de la population, qui soutient la solution de deux Etats pour deux peuples», a affirmé M. Peres.

En revanche, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, le plus grand de la bande de Gaza, 3.000 personnes ont scandé «Dehors, dehors, Abou Mazen» et ont brûlé des portraits du président de l’Autorité palestinienne. Plusieurs milliers de Palestiniens ont aussi manifesté à Gaza et à Khan Younes (sud).

Le Premier ministre du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyeh, avait affirmé vendredi aux fidèles après les prières de la mi-journée queMahmoud Abbas n’avait «pas le droit de renoncer aux droits des réfugiés». «Il ne parle pas au nom des réfugiés», avait-il martelé.

Le front populaire de libération de la Palestine (FPLP) s’est joint au concert de désapprobation en indiquant que «de tels propos n’expriment pas les constantes palestiniennes».