Tunisie

Sidi Bouzid, le berceau ébréché de la révolution tunisienne

Les Tunisiens votent dimanche pour élire leur président. Dans la ville qui a vu naître le Printemps arabe en décembre 2010, l’heure est au désenchantement

En fin d’après-midi, les résidents du quartier El-Filahi, à l’extrême sud de Sidi Bouzid, ont l’habitude de traverser la route, une chaise en plastique à la main, pour s’installer à l’ombre des grands arbres et discuter tout en profitant de la vue qu’offrent les champs d’oliviers. Ces derniers jours, l’élection présidentielle du 15 septembre est le sujet de conversation.

Porte-parole d’un groupe de retraités réunis autour d’une théière, Mohamed confie que l’état d’esprit n’est pas à l’optimisme: «Nous irons voter par devoir mais aucun des 26 candidats ne convainc. Rien n’a changé à Sidi Bouzid depuis 2011 [l’ancien dictateur a été renversé le 14 janvier 2011]. Les politiciens disent que Sidi Bouzid est le cœur du pays parce que la révolution a commencé ici. Mais la vraie Sidi Bouzid, c’est ça!» Sa main désigne la route: un chantier qui dure depuis un an sur lequel les voitures doivent esquiver nids-de-poule, graviers et bordures cassées.