Hongkong

Le siège d'une université de Hongkong se poursuit

La cheffe de l'exécutif hongkongais Carrie Lam a estimé mardi matin que les manifestants retranchés dans un campus de Kowloon n'avaient d'autre option que de se rendre s'ils souhaitaient une solution pacifique

Des dizaines de manifestants pro-démocratie ont entamé mardi matin leur troisième journée retranchés dans un campus hongkongais. Le siège de l'Université polytechnique de Hongkong (PolyU) constitue la confrontation la plus longue et la plus violente avec les forces de l'ordre depuis le début de la contestation en juin dans l'ex-colonie britannique.

Cernés depuis dimanche par les policiers qui arrêtent tous ceux qui tentent de fuir ce campus de la péninsule de Kowloon, certains manifestants ont réussi dans la nuit une audacieuse «évasion». Ils sont descendus d'une passerelle au moyen de cordes avant d'être récupérés en contrebas par des motos et des scooters.

La cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, qui est désignée par un comité acquis à la cause de Pékin, a estimé mardi à une centaine le nombre de protestataires toujours retranchés. S'exprimant pour la première fois depuis le début de ce siège spectaculaire, elle a affirmé que ces derniers n'avaient d'autre solution que de se rendre, s'ils souhaitaient une issue pacifique à leur face-à-face tendu avec les autorités.

Notre reportage sur place: «L’université est notre dernier sanctuaire»

«Ce but ne peut être atteint qu'avec la pleine coopération des manifestants, et notamment bien sûr des émeutiers qui doivent cesser les violences, rendre les armes et sortir pacifiquement en écoutant les instructions de la police», a-t-elle averti.

Des soutiens aux manifestants retranchés dans la PolyU

Voilà trois jours que les protestataires accueillent toutes tentatives de les déloger par un déluge de cocktails Molotov. Un policier a même été blessé à la jambe par une flèche tirée par un manifestant.

Le sort des reclus de la PolyU a suscité une vague d'émotion au sein de la mouvance pro-démocratie responsable de la plus grave crise politique dans l'ex-colonie britannique depuis la rétrocession en 1997.

Des dizaines de milliers de personnes ont ainsi manifesté lundi soir à Kowloon dans une tentative vraisemblablement coordonnée pour alléger la pression sur la PolyU et créer des contre-feux afin d'attirer la police anti-émeutes, qui s'est dite prête à faire usage de balles réelles. Les soldats de l'armée chinoise, présents à Hongkong depuis la rétrocession de l'ex-colonie en 1997, sont sortis ce week-end de leur caserne pour déblayer certaines rues de leurs barricades. Une apparition rarissime qui a encore alimenté l'hypothèse d'une opération militaire.

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Et l'ambassadeur de la Chine au Royaume-Uni a donné lundi du crédit supplémentaire à cette option. «Le gouvernement de Hongkong fait tout son possible pour reprendre le contrôle de la situation», a déclaré Liu Xiaoming lors d'une conférence de presse. «Mais si elle devenait incontrôlable, le gouvernement central ne restera certainement pas les bras croisés. Nous avons la résolution et le pouvoir suffisants pour mettre fin aux troubles.»

Pékin critique l'interdiction du port du masque à Hongkong

Autre message menaçant à l'endroit de la contestation, Pékin a balayé mardi la décision de la justice hongkongaise, qui avait jugé lundi anticonstitutionnelle l'interdiction du port du masque, que l'exécutif avait décidée pour couper l'herbe sous le pied des manifestants.

«La décision de la Haute cour de Hongkong affaiblit gravement la gouvernance du chef de l'exécutif et du gouvernement de la RAS» (région administrative spéciale), a déclaré Zang Tiewei, porte-parole de la commission des affaires législatives du comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (ANP, le parlement chinois), selon les médias d'Etat. Zang Tieweia estimé que seule l'ANP avait le pouvoir de décider si une loi est ou non conforme à la loi fondamentale hongkongaise.

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Les manifestants hongkongais ont ignoré cette interdiction et continué à porter des masques afin d'empêcher leur identification par les forces de l'ordre. La Haute cour hongkongaise a estimé que la loi allait «au-delà de ce qui est raisonnablement nécessaire», selon un résumé de cette décision qui constitue une victoire symbolique pour les manifestants mobilisés depuis plus de cinq mois contre l'ingérence jugée croissante de Pékin dans les affaires du territoire.

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