La situation s'envenime entre ceux qui veulent le départ du président ukrainien et Leonid Koutchma lui-même, qui brandit sa légitimité populaire pour contrer les appels à la démission et semble avoir choisi d'intensifier la répression. L'affaire Georgiy Gongadze – du nom d'un journaliste assassiné à l'instigation du régime, selon ses opposants – n'en finit pas d'enfler.

Le mouvement de protestation contre Leonid Koutchma a tourné à l'émeute vendredi après-midi à Kiev, quand des manifestants armés de briques et de barres de fer ont attaqué le siège de la présidence. Ils ont ensuite été repoussés à coups de grenades lacrymogènes. «Nous assistons à l'agonie d'un régime», a commenté le chef du Parti socialiste, Olexandre Moroz, après la plus violente manifestation de ces dernières années dans le pays. Quant au Parti d'extrême droite UNA-UNSO, son porte-parole a indiqué qu'au moins 100 de ses membres ont été arrêtés à la suite de heurts.

Plus tôt dans la matinée, une cérémonie à la mémoire du poète Taras Chevtchenko a servi de cible aux manifestants. Alors que le président devait déposer des fleurs sur la tombe du poète pour célébrer le 187e anniversaire de sa naissance, des protestataires ont tenté de l'en empêcher. Si ceux qui protestaient étaient plusieurs milliers, une minorité – 200 selon les agences – a affronté les policiers.

Cette nouvelle manifestation survient alors que le président Koutchma et ses alliés ont monté le ton contre l'opposition. Julia Timochenko, ancienne vice-premier ministre, partisane de l'opposition, avait été limogée en janvier dernier pour corruption. Elle a été récemment emprisonnée. Les forces de l'ordre se sont également attaquées, il y a peu, au campement des opposants. Ils avaient planté une soixantaine de tentes au centre de Kiev, se voulant un reproche vivant au président Koutchma. Les Etats-Unis ont critiqué le sac du campement. La Russie, pour l'heure, reste prudente.

LT/Agences