Un pas en avant, un pas en arrière. Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, faisait l'objet de sévères critiques jeudi dans son pays après être revenu sur son annonce d'un possible retrait des troupes italiennes d'Irak en septembre.

Après avoir affirmé mardi que l'Italie pourrait commencer progressivement à réduire son contingent de 3300 hommes à partir de septembre, si les conditions de sécurité le permettaient, il s'est montré moins catégorique mercredi, ne parlant plus que d'un «souhait». Dans un entretien téléphonique avec le président américain George Bush mercredi, il a soutenu qu'aucune date n'avait été fixée pour ce retrait et a insisté sur le fait que l'alliance avec les Etats-Unis restait solide.

«Il est clair qu'il s'est fait gronder» par ses alliés, a raillé Romano Prodi, chef de l'opposition. «Dans un pays sérieux, les chefs de gouvernement ne peuvent pas se permettre de faire des annonces ambiguës sur des questions qui touchent à la vie et à la mort d'autant de personnes», écrit jeudi l'éditorialiste Franco Venturini dans le Corriere della Sera. «La politique étrangère d'un pays ne peut sortir qu'affaiblie quant à sa crédibilité actuelle et future.»

Silvio Berlusconi a toutefois affirmé qu'il n'avait pas fait marche arrière. «Je ne me suis pas corrigé ou quoi que ce soit. Cette affaire a été créée par la désinformation d'une presse qui n'a pas d'honnêteté intellectuelle», a-t-il assuré. Selon certains analystes, le Cavaliere avait des arrière-pensées liées aux élections régionales de début avril et générales prévues pour l'an prochain lorsqu'il a évoqué un retrait.

L'opposition a demandé que Silvio Berlusconi se présente devant le parlement pour mieux expliquer la position de l'Italie. Mais il a rejeté cette idée.