«La décision prise par la Cour constitutionnelle hier (jeudi) n’a absolument aucune influence. Le gouvernement va continuer à aller de l’avant parce que la dernière chose dont l’Italie a besoin ce sont des élections anticipées», a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision Canale 5.

La Cour constitutionnelle a invalidé jeudi une loi qui protégeait le président du Conseil de poursuites judiciaires pour des chefs d’inculpation de corruption et de fraude fiscale liées à son groupe de presse Mediaset.

Le juge suprême a estimé que le texte était en plusieurs points contraire à la Constitution et que le chef du gouvernement ainsi que ses ministres ne pouvaient pas invoquer automatiquement «l’empêchement légitime» pour échapper aux poursuites.

La loi votée en mars 2010 permet aux ministres d’invoquer leurs fonctions pour ne pas passer devant la justice pendant une période maximale de 18 mois, soit jusqu’à la fin septembre 2011.

La justice italienne a par ailleurs ouvert une enquête sur Silvio Berlusconi pour une affaire de moeurs surnommée «Rubygate», où il est soupçonné d’abus de fonction et prostitution de mineure, selon des sources concordantes.

M. Berlusconi aurait abusé dans la nuit du 27 au 28 mai 2010 de sa fonction de chef du gouvernement en demandant à la police de Milan (nord) de libérer Ruby, une jeune Marocaine à l’époque mineure, selon l’agence Ansa qui cite un communiqué du parquet.

Daniele Capezzone, porte-parole du Peuple de la liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi, a dénoncé «une fuite d’informations et des accusations invraisemblables».

Selon le site internet du quotidien «Corriere della Sera», premier média à sortir l’information, M. Berlusconi aurait voulu «cacher le fait d’avoir été client d’une prostituée mineure lors de nombreux week-ends à Arcore», sa résidence près de Milan, «s’assurer l’impunité pour ce délit et éviter que soient connus les détails des fêtes organisées dans sa résidence».

Le chef du gouvernement a reçu vendredi une invitation à se présenter devant le tribunal, selon Ansa qui n’a pas précisé la date de la convocation.

Les articles de presse, qui ont révélé l’affaire en octobre, citaient des call-girls, décrivant des fêtes organisées dans cette résidence privée proche de Milan en présence de jeunes femmes, rémunérées 5000 euros la soirée.