Des similitudes entre Paris et Copenhague

Les similitudes semblent frappantes entre les attentats de Copenhague et ceux de Paris, mais il faudra attendre d’en savoir plus sur le profil du tireur de la capitale danoise pour évoquer un éventuel mimétisme, phénomène redouté par les spécialistes du terrorisme.

La police danoise soupçonne le tueur d’avoir voulu imiter les attentats menés par les trois djihadistes français. «Je suis frappé par le mimétisme de la séquence, d’abord une attaque contre le symbole de la liberté d’expression, ensuite une attaque contre des juifs, et puis l’affrontement avec les policiers», a également relevé le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Des tendances lourdes

Comme les frères Kouachi, qui ont tué à la kalachnikov le 7 janvier à Paris onze personnes au siège de Charlie Hebdo, l’hebdomadaire satirique qui avait publié des caricatures de Mahomet, l’assaillant de Copenhague a ouvert le feu avec un pistolet-mitrailleur contre un centre culturel où se tenait un débat intitulé «Art, blasphème et liberté». Parmi les invités, un artiste suédois qui a caricaturé le prophète de l’islam.

Et comme Amédy Coulibaly, qui a tué quatre juifs le 9 janvier dans un supermarché casher à Paris, l’assaillant s’en est pris ensuite à une synagogue.

Enfin, l’assaillant a été abattu par des policiers, sur qui il avait ouvert le feu. Les policiers avaient été une cible spécifique à Paris: l’un a été tué par les frères Kouachi dans leur fuite, et une policière a été abattue par Coulibaly.

«Le mode opératoire semble similaire, les cibles aussi, on peut penser qu’il s’agit du même genre de djihad individuel», confie une source proche des forces d’élite françaises.

«Il y a des similitudes, acquiesce Jean-Charles Brisard, expert des questions liées au terrorisme, mais elles relèvent de tendances lourdes qu’on observe depuis plusieurs années.» Parmi elles, «des cibles à haute valeur symbolique» qui remplacent les «attentats aveugles», des «armements de moins en moins sophistiqués» au lieu d’explosifs, «dont les terroristes se méfient car ils sont davantage surveillés par les services de renseignement». AFP