Nations unies

Simonetta Sommaruga: «Il est grand temps que la migration soit à l'agenda de l'ONU»

La conseillère fédérale a participé lundi au sommet spécial de l'ONU sur la migration. Elle répète son credo: il n'y a pas de solution nationale à un phénomène aussi vaste que la migration

«Il était grand temps» que la migration soit au haut de l'agenda des Nations unies, car dans les campagnes électorales, les partis populistes utilisent de plus en plus la question de la migration pour se profiler. Cheffe du Département fédéral de justice et police, Simonetta Sommaruga s'est félicitée lundi de l'adoption, lors d'un sommet spécial sur la migration, d'une déclaration politique visant à promouvoir la coopération internationale pour affronter l'un des plus grands défis de l'époque. Face à une explosion des migrations, les Etats ont deux choix, a expliqué la ministre suisse: «Ils peuvent se replier sur leurs affaires nationales ou au contraire chercher à trouver des solutions collectives.» Pour elle, c'est la deuxième solution qui doit s'imposer.

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«Comment l’Europe a-t-elle réagi face à ce défi - certes de taille? Nous l’avons vu: l’Europe n’était pas préparée. Souvent dépassée, elle n’a pas réussi à donner à cette crise une réponse commune. La crise nous l’a malheureusement montré: dans les situations d’urgence, nombreux sont ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes», a déclaré à la tribune des Nations unies Simonetta Sommaruga.

Même dans le cas de la crise migratoire à la frontière suisse, près de Côme, la conseillère fédérale a répété que la situation n'est pas différente de ce qu'on voit ailleurs. «Il n'y a pas de réponse nationale» à cette crise, a-t-elle déclaré. 

A la recherche d'une répartition équitable

A New York, Simonetta Sommaruga a répété son credo: les solutions doivent passer par la coopération internationale. Elle mentionne deux chiffres: 65 millions de personnes déplacées dans le monde dont 85% dans des pays en voie de développement. Selon la ministre, la question des migrants et des réfugiés est compliquée en raison des statuts juridiques différents de chacun. «Nous devons préserver les acquis, a-t-elle ajouté. La Convention sur les réfugiés de 1951 et les traités de sauvegarde des droits de l’homme sont à ce jour les meilleurs instruments pour garantir la protection des migrants et des réfugiés. Lorsque les 147 Etats signataires de la Convention de Genève respecteront pleinement leurs engagements, nous aurons déjà accompli un grand pas.»

La ministre de la Justice a rappelé la responsabilité des Etats à reprendre les migrants sur le retour. «Nous devons trouver des solutions pour répartir équitablement, à l’échelle globale, les responsabilités issues des défis internationaux. Et lorsque les Etats ne peuvent pas respecter leurs engagements en matière de protection, la communauté internationale doit apporter son assistance.»

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