«WikiLeaks.org fait l’objet en ce moment d’une cyberattaque», indique le site spécialisé dans la révélation de documents confidentiels dans un message laconique diffusé sur Twitter.

Le message est accompagné d’un lien vers le site cablegatesearch.net où il était possible de consulter des copies des câbles diplomatiques américains que WikiLeaks a déjà diffusées.

Cette cyberattaque intervient le jour où les Etats-Unis ont dénoncé la divulgation par WikiLeaks de ces nouveaux câbles diplomatiques, affirmant que cette démarche «met en danger la sécurité des personnes».

Le New York Times a affirmé que certains des derniers 133 887 câbles diffusés au cours de la dernière semaine par WikiLeaks comprenaient le nom de personnes qui avaient parlé sous couvert d’anonymat à des diplomates américains, ce que WikiLeaks a démenti mardi.

Mardi, le Département d’Etat et des observateurs à Washington ont accusé WikiLeaks de mettre des vies en danger en publiant les dépêches de la diplomatie américaine, après la livraison de milliers de nouvelles notes, dont certaines citent les noms des sources.

«En plus de mettre en cause nos efforts diplomatiques, cela met en danger la sécurité des personnes, menace notre sécurité nationale et sape nos efforts pour travailler avec des pays à résoudre des problèmes communs», a dénoncé Victoria Nuland, la porte-parole du Département d’Etat.

L’administration américaine, empoisonnée depuis des mois par les révélations, «continue d’agir pour atténuer les dégâts causés à la sécurité nationale, et pour aider, dans la mesure de nos moyens, ceux à qui ces révélations illégales font du tort», a-t-elle ajouté.

Le site internet WikiLeaks, spécialisé dans la révélation de documents secrets, a démenti mardi avoir dévoilé l’identité de sources dans une nouvelle série de près de 134 000 télégrammes diplomatiques américains publiés.

Par le passé, il avait donné en exclusivité ces documents à quelques journaux, dont le New York Times et Le Monde, avec lesquels il éditait les câbles, notamment pour éviter que les sources ne soient identifiables.

WikiLeaks diffuse désormais directement le reste des quelque 250 000 documents que l’organisation détiendrait, et le New York Times (NYT) a découvert que certains des derniers câbles diffusés comprenaient les noms de sources.

L’AFP a elle-même constaté, dans un échantillon de plusieurs dépêches, que des noms de personnes et de sociétés à côté desquels figurait la mention «PROTECT SOURCE» («protéger la source») n’avaient pas été effacés.

Le nouveau fonctionnement de WikiLeaks «est une évolution irresponsable de leur part», critique Steven Aftergood, un spécialiste de la confidentialité dans les affaires publiques interrogé par l’AFP.

La Fédération des scientifiques américains, dont fait partie Steven Aftergood, «veut plus d’ouverture, pour que les gouvernements rendent des comptes et que les institutions soient responsabilisées. Mais nous ne sommes pas pour paralyser la diplomatie internationale, ni pour empiéter sur la sécurité ou sur le renseignement».

Les sources que WikiLeaks a rendues publiques, souligne-t-il, sont souvent «des personnes privées, des ONG ou des entreprises».

Elles «risquent les représailles» de gouvernements qui n’hésitent pas à «harceler, maltraiter ou emprisonner», rappelle pour sa part Elisa Massimino, la présidente de l’ONG Human Rights First. Julian Assange, le chef de WikiLeaks, a suggéré que personne n’était mort à cause des fuites.