«La plupart qualifieront mon fils de terroriste. Je ne pense pas qu’il appartenait à une organisation ou qu’il a agi au nom d’une grande idéologie ou pour une raison politique. Je pense qu’il a agi par désespoir», explique cette femme dans une lettre au groupe de presse Postmedia, qui édite plusieurs grands journaux canadiens.

Elle a expliqué qu’elle avait déclaré que son fils avait l’intention de se rendre en Arabie saoudite. La police, qui disait s’appuyer sur les déclarations de la mère du jeune homme, avait déclaré jeudi que Michael Zehaf-Bibeau tentait d’obtenir un passeport libyen et espérait aller en Syrie.

Selon la police canadienne, le tireur présumé s’était radicalisé ces dernières années. Une source américaine a indiqué qu’il s’était récemment converti à l’islam.

Présenté comme drogué et instable psychologiquement, Michael Zehaf-Bibeau a tué un militaire de 24 ans devant le monument aux morts situé à proximité du parlement, avant d’être lui-même abattu par les agents de sécurité.

Ce week-end, la colline du Parlement a été rouverte au public. La présence policière y était discrète. Le bâtiment de style gothique, sur lequel les drapeaux sont toujours amenés à mi-mât, reste lui-même fermé mais le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, a annoncé qu’il rouvrirait ses portes aux visiteurs lundi.

Vendredi, la dépouille du soldat était arrivée à Hamilton, sa ville natale, où des milliers de personnes lui ont rendu hommage. La foule s’était massée le long d’une bonne partie des 500 kilomètres de «l’autoroute des héros», une route longeant le lac Ontario empruntée par les cortèges qui ramenaient les corps des militaires canadiens tués en Afghanistan.

Le corbillard noir transportant le corps du jeune caporal a été escorté par des dizaines de véhicules de police, tandis que des personnes applaudissaient au passage du cortège et agitaient des drapeaux.

Plus d’un millier de personnes étaient présentes à Hamilton lorsque des membres de son unité, portant kilts et bottes blanches, ont sorti du corbillard le cercueil enveloppé du drapeau canadien.

«Nathan était un enfant du Canada», a déclaré la famille du soldat dans un communiqué lu par le capitaine Robert Andrushko devant le domicile familial. «Il était une partie de nous tous. Nous avons toujours pensé que nous vivions dans le meilleur pays du monde, les gens viennent de le prouver.»