Directeur de l'Initiative pour une gouvernance mondiale, Parag Khanna est l'un des multiples conseillers de Barack Obama. Il est de passage à Genève, dans le cadre du symposium sur la santé organisé par l'Institut de hautes études et du développement (lire ci-dessus).

Le Temps: Vous appartenez à l'équipe démocrate qui planche sur les questions irakiennes, afghanes et pakistanaises. Quelle est votre analyse?

Parag Khanna: Je n'ai pas le droit de m'exprimer sur l'Irak. Pour ce qui est de l'Afghanistan, je pense que l'administration Obama sera beaucoup plus soutenue par la communauté internationale pour promouvoir le développement du pays et lutter contre la corruption, tout en respectant la culture locale. C'est la clé de la réussite.

- Quid du Pakistan?

- Au Pakistan, ce sera pire avant d'être meilleur. Plus personne ne fait confiance aux Américains. Les violences ne cessent d'augmenter. Il faut trouver un consensus sur la place que chacun doit avoir et cela passe aussi par des négociations et une politique de développement. Le problème n'est pas le même qu'en Afghanistan, mais je pense que nous devons développer une stratégie globale pour cette partie du monde.

- Quelle est la principale menace aujourd'hui dans cette région: les talibans, Al-Qaida...?

- Tout un tas de problèmes se télescopent dans cette zone. Quant aux attaques, il est difficile de savoir exactement qui fait quoi. Les partisans d'Al-Qaida ne sont pas si nombreux mais ils ont une immense capacité de nuisance. Ce sont eux qui ont enseigné leurs méthodes aux talibans.

- Vous évoquez «l'administration Obama» comme si la victoire était acquise. Une certitude?

- Je touche du bois. Je l'espère bien, mais il est vrai que tout peut arriver. Nous savons que les personnes interrogées dans les sondages, par exemple, cachent parfois leurs réelles intentions de vote. On n'est pas non plus à l'abri d'un événement qui pourrait traumatiser la nation et changer la donne.