New Scotland Yard a révélé mardi après-midi l'arrestation dimanche dans un appartement d'un quartier nord de Londres de sept individus d'origine nord-africaine, soupçonnés d'avoir préparé une attaque au ricin, un poison mortel, dont des traces ont été trouvées à ce domicile londonien. Une femme a été relâchée, tandis que six hommes se trouvaient toujours en interrogatoire la nuit dernière. Sous le coup de la loi antiterroriste, ils peuvent rester détenus sept jours avant d'être inculpés. Leurs motifs et leurs accointances demeurent inconnus. Le raid a été conduit par les forces antiterroristes et les forces spéciales de la police. L'appartement fouillé contenait une quantité de matériel et d'équipement de nature illégale. Le ricin, un dérivé toxique de la plante du même nom, peut être fabriqué relativement aisément par des amateurs, en petite quantité, explique Timothy Garden, un ancien chef d'état-major britannique. Pour être mortel, il doit être injecté ou inhalé, ce qui exclut semble-t-il la préparation d'un acte de terreur massif, estime-t-on à New Scotland Yard. Toutefois, les soldats alliés auraient retrouvé d'importantes quantités de ricin dans les caves d'Al-Qaida en Afghanistan, et il figure sur la liste des armes biochimiques fabriquées par l'Irak, dans le dossier compilé par le gouvernement Blair à l'automne dernier. Son plus fameux usage date de 1978: l'assassinat du dissident bulgare Georgi Markov, poignardé sur Waterloo Bridge, en plein Londres, d'un coup de parapluie empoisonné. Pat Troop, chef médical adjoint à la police britannique, a rappelé que la mégapole demeurait une cible potentielle des terroristes, enjoignant les habitants à la vigilance, tout en leur répétant d'être «alertes, mais pas alarmés».