Les autorités de Hongkong ont arrêté, mercredi, six membres actuels et passés du média local Stand News, accusés de «publication séditieuse» en vertu d'une loi datant de l'époque coloniale. Ces arrestations surviennent alors que la communauté internationale s'inquiète pour la liberté de la presse dans la ville, mise à mal par la reprise en main menée par Pékin après les manifestations pro-démocratie de 2019.

La police a déclaré que plus de 200 agents en uniforme et en civil avaient été déployés pour fouiller le bureau de la publication dans le district de Kwun Tong.

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Un journaliste de l'AFP a vu le rédacteur en chef de Stand News, Patrick Lam, être conduit menotté à l'intérieur des bureaux du média.

Le rédacteur en chef adjoint sommé de collaborer avec les enquêteurs

Peu avant l'aube, Stand News a annoncé en direct sur Facebook que la police de sécurité nationale était devant la porte du rédacteur en chef adjoint Ronson Chan. Dans la brève vidéo, les officiers informent Ronson Chan être en possession d'un mandat du tribunal pour enquêter sur les accusations de «conspiration en vue de publier une publication séditieuse», et que Ronson Chan devait arrêter de filmer.

Ronson Chan, qui est également président de l'Association des journalistes de Hongkong, a été sommé de collaborer avec les enquêteurs, mais il ne figure pas parmi les personnes arrêtées.

La star de la pop cantonaise Denise Ho, qui siégeait au conseil d'administration de Stand News mais a démissionné en novembre, a également été arrêtée, selon sa page Facebook. De même que Margaret Ng, avocate et ancienne membre du Conseil législatif local, et Chung Pui-kuen, ancien rédacteur en chef de Stand News, selon les médias locaux.

Les deux autres personnes appréhendées sont deux anciens membres du conseil d'administration, Chow Tat-chi et Christine Fang.

Une ordonnance coloniale sur la «sédition» invoquée pour réprimer la dissidence

«Le Parti communiste chinois continue à poursuivre les journalistes et les médias qui osent le contredire et dire la vérité. Les arrestations de Denise Ho et de Maraget Ng en sont de parfaits exemples, entre autres», a tweeté l'opposant Nathan Law, en exil au Royaume-Uni.

Stand News était la cible ces derniers mois de vives critiques de la part des autorités hongkongaises. Le responsable de la sécurité dans le territoire, Chris Tang, l'avait accusé début décembre de publier des informations «biaisées, diffamatoires et diabolisées» sur les conditions de vie dans les prisons. Il s'agit de la deuxième entreprise de presse locale à se retrouver dans le collimateur des autorités.

En juin, le journal pro-démocratie Apple Daily avait fermé après le gel de ses actifs et l'arrestation de ses principaux dirigeants en vertu d'une nouvelle loi drastique sur la sécurité nationale imposée par Pékin en juillet 2020.

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Cette loi n'étant pas rétroactive, les autorités hongkongaises invoquent parfois une ordonnance coloniale sur la «sédition» datant de 1938 et restée inutilisée pendant des années, pour réprimer la dissidence.