Immigration

La Slovénie se réserve le droit de fermer sa frontière aux migrants

Déjà adoptée en Autriche et en Hongrie, cette législation est dénoncée par les défenseurs des droits de l'homme. Près de 500 000 migrants ont transité par la Slovénie entre 2015 et 2016

Le Parlement slovène a adopté jeudi soir un projet de loi autorisant le pays à bloquer le cas échéant les migrants à sa frontière croate sans leur offrir la possibilité de déposer une demande d'asile. 

Cette disposition, déjà adoptée par l'Autriche et la Hongrie voisines, est destinée selon le gouvernement à éviter que la Slovénie, un petit pays de 2 millions d'habitants, ne se transforme en terminus pour les candidats à l'asile en cas de nouvel afflux massif.

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«Si nous devions nous retrouver dans une situation où nous ne serions plus à même de garantir la sécurité et les droits de l'homme de nos citoyens et des migrants eux-mêmes, nous les renverrions vers le pays sûr d'où ils sont arrivés», a expliqué le premier ministre de centre-gauche Miro Cerar en défendant le texte. Celui-ci a été adopté par 47 contre 18 sur les 90 députés du Parlement slovène.

670 km de frontière concernés

Près de 500 000 migrants avaient transité par la Slovénie lors de la grande vague de migration débutée en 2015, jusqu'à la fermeture de la route des Balkans en mars 2016. Ils avaient dans leur quasi-totalité continué leur périple vers l'ouest et le nord de l'Europe.

L'éventuelle mise en oeuvre de la nouvelle disposition devra être déclenchée par un nouveau vote du Parlement au moment dit.

Sont concernés les 670 km de la frontière que la Slovénie partage avec la Croatie, un pays ne faisant pas partie de l'espace Schengen au sein duquel la circulation est libre. Ljubljana a fait ériger une clôture anti-migrants sur près du tiers de ce tracé il y a un an.

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L'érection de cette clôture, tout comme la nouvelle législation, ont été critiquées par Zagreb. La nouvelle législation a également été dénoncée par le haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et des ONG, selon qui elle privera les migrants de leur droit à demander l'asile, garanti par le droit international.

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