L’ancien chef de la marine nationale Bubo Na Tchuto était recherché, en liaison avec le putsch raté contre l’ancien président Joao Bernardo Vieira en août 2008. Ce dernier a été assassiné en mars 2009 par des soldats rebelles.

Jeudi matin, le premier ministre du petit pays pauvre et instable a été saisi au siège du gouvernement. Ses ravisseurs l’ont conduit dans une caserne, avant de le ramener à son bureau puis à sa résidence privée.

»Le premier ministre a été libéré et s’entretient actuellement avec le président», a déclaré Mamadou Diaole, responsable du service de presse du chef du gouvernement.

Selon un des soldats impliqués dans l’opération, «le premier ministre est actuellement à sa résidence privée où il a reçu un groupe d’officiers, mais les rues voisines sont sous le contrôle de militaires qui l’ont arrêté».

Une quarantaine d’officiers arrêtés Les militaires ont par ailleurs démis de ses fonctions le chef d’état-major des forces armées, l’amiral Jose Zamora Induta, et l’ont remplacé par son adjoint, le général Antonio Njai. Selon une source militaire sur place, une «quarantaine d’officiers» ont aussi été arrêtés.

Plus tard, une source militaire a indiqué que le chef d’état-major, le général Zamora Induta, avait été conduit sous bonne escorte dans une base aérienne, près de l’aéroport, et qu’une quarantaine d’officiers étaient arrêtés.

A l’annonce de l’arrestation du premier ministre, des centaines de manifestants se sont mobilisés dans le centre de Bissau pour demander sa libération. Des militaires se sont déployés aux abords de la résidence de M. Gomes Junior.

Menaces de mort Par la suite, le chef d’état-major adjoint de l’armée, le général Antonio Indjai, a menacé devant la presse, de «tuer» M. Gomes Junior si les «attroupements» de ses sympathisants ne cessaient pas.

Des soldats étaient visibles jeudi autour des casernes et de la radio nationale, qui a interrompu ses programmes pour diffuser de la musique militaire. En début d’après-midi, les manifestants favorables au premier ministre étaient maintenus à environ 150 mètres de sa résidence.

La Guinée Bissau est un petit pays d’Afrique de l’Ouest, au sud du Sénégal, dont la population d’1,5 millions d’habitants est une des plus pauvres du monde. Baigné par l’Atlantique, il est considéré comme un pays de transit pour le trafic de la cocaïne sud-américaine vers l’Europe.

L’armée est très influente dans ce petit pays ravagé par une guerre civile à la fin des années 1990. Son implication dans le narcotrafic a souvent été évoquée.

Kouchner dénonce un «coup d’Etat» Le gouvernement du Portugal, ancienne puissance coloniale, a exprimé sa «préoccupation» face à la la situation en Guinée-Bissau. Et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a condamné les «tentatives de déstabilisation».

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a pour sa part dénoncé jeudi un «coup d’Etat» et fait part de son inquiétude pour les personnes arrêtées.

Le président Malam Bacai Sanha, qui a regagné son pays début février après un traitement médical en France, ne semble pas être concerné par ces incidents, a dit un diplomate occidental joint par téléphone à Bissau.