Terrorisme

Somalie: au moins 276 morts dans l'attentat de Mogadiscio

Au moins 276 personnes ont été tuées et 300 blessées dans un violent attentat au camion piégé samedi dans le centre de Mogadiscio, ce qui en fait l'attaque la plus meurtrière de l'histoire de la Somalie

Au moins 276 personnes ont été tuées dans un attentat au camion piégé mené samedi dans le centre de Mogadiscio, a annoncé le ministère somalien de l'information dans la nuit de dimanche à lundi. Le nombre des blessés atteint 300. Paris, Londres, Washington, Ankara et l'Union africaine (UA) ont assuré la Somalie de leur soutien après cette attaque, la plus meurtrière de l'histoire du pays.

Deuil national

«Il est très difficile d'avoir un chiffre précis parce que les cadavres ont été emmenés vers différents centres médicaux, et certains d'entre eux ont été enlevés directement par leurs proches pour être enterrés», a peu avant déclaré à l'AFP un responsable de la police, Ibrahim Mohamed.

«Il n'y a pas de pire tragédie que quand quelqu'un vient voir le corps d'un proche décédé et ne peut pas le reconnaître», soulignait le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed.

Le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, a décrété un deuil national de trois jours.

Dans un quartier commercial

Cet attentat au camion piégé est survenu samedi en milieu d'après-midi au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels.

L'explosion s'est produite devant l'hôtel Safari, un établissement populaire qui n'est d'ordinaire pas fréquenté par des responsables gouvernementaux. Deux heures plus tard environ, un second véhicule a explosé dans le quartier de Medina.

Toute la nuit et dans la journée de dimanche, les secouristes ont fouillé les décombres des immeubles touchés, pour essayer de retrouver de nouveaux corps.

Les shebab soupçonnés

Cet attentat n'a pas encore été revendiqué. Mais les shebab, liés à Al-Qaïda, contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent dans la capitale, et contre des bases militaires, somaliennes ou étrangères.

Chassés de Mogadiscio en août 2011, ils ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22 000 hommes de la force de l'Union africaine (Amisom). L'attentat de samedi a eu lieu deux jours après l'annonce de la démission, sans explications, du ministre de la Défense et du chef de l'armée.

Condamnations

La France, l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Union africaine et la Turquie ont rapidement réagi.
«Solidarité avec la Somalie. Soutien à l'Union africaine contre les groupes terroristes islamistes. La France se tient à vos côtés», a écrit le président français Emmanuel Macron sur Twitter.

Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, a condamné «fortement le lâche attentat de Mogadiscio» dans un communiqué.

«Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts l'attaque terroriste qui a tué et blessé des centaines (de personnes) à Mogadiscio le 14 octobre», selon un communiqué du Département d'Etat.

Aide turque

L'Union africaine, qui entretient en Somalie une force d'environ 22 000 hommes pour soutenir militairement le gouvernement central contre les shebab, a aussi condamné l'attaque.

Enfin, Ankara, qui a réagi en assurant également Mogadiscio de son soutien, a envoyé par avion de l'aide médicale dans la capitale somalienne et va prendre en charge des personnes blessées.

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