Créée en août 2011, l’Armée syrienne libre obéit aux ordres d’un ancien colonel, Riad Asad, réfugié en Turquie, près de la frontière syrienne. Elle ne comptait qu’une centaine d’hommes au début. Contacté en octobre par Le Temps, le colonel Asad préconisait une tactique défensive: «Nous ne nous déployons que pour protéger les manifestants.» Depuis, le pays s’est embrasé et la stratégie de l’ASL a changé. Elle a fait la preuve de sa force de frappe et est, désormais, l’un des moteurs de la contestation. Si l’ASL s’est illustrée sur le champ de bataille, elle mène aussi la lutte dans les médias. Contacté par téléphone par Le Temps, en Turquie, le numéro deux de cette formation, Ahmad Hijjazi, explique les derniers développements sur le terrain.

Le Temps: Combien d’hommes se battent à vos côtés?

Ahmad Hijjazi: Ma katiba, un bataillon, comprend près de 12 000 hommes, c’est le plus grand, mais tous les hommes ne se battent pas en même temps. Tous les bataillons tirent leur nom du Coran, le mien s’appelle Abou Kotaiba, un compagnon du Prophète. Il y a eu tant de désertions ces derniers jours que je ne peux pas dire combien d’hommes nous avons. Le nombre augmente sans cesse, rien que depuis jeudi nous avons gagné 1000 recrues. Nous sommes des dizaines de milliers. En tout 40 000, ou plus.

– Quelles opérations menez-vous?

– Beaucoup des attaques que nous menons sont directement liées aux défections. Sur la demande de militaires qui cherchent à quitter l’armée régulière, nous organisons une embuscade pour les aider à s’échapper. Autre cas de figure, les forces de Bachar el-Assad attaquent une zone où les gradés soupçonnent la présence de déserteurs, et nous répliquons. Les forces de sécurité sont sur les dents. Ces derniers jours pour stopper l’hémorragie, elles ont engagé de gros moyens, on sent la pression, les combats à venir seront extrêmement violents. Plus que tout, nous redoutons qu’elles utilisent des armes chimiques contre une population civile soupçonnée d’héberger des déserteurs.

– Collaborez-vous avec le Conseil national syrien (CNS)?

– L’ASL est chapeautée par un conseil militaire. Un conseil des opérations militaires planifie toutes les actions. Nous sommes très bien organisés, mais nous avons besoin d’aide et d’armes bien sûr. En matière de soutien, le CNS n’a pas tenu ses promesses. De l’ONU, nous espérons une résolution, elle contribuera à discréditer encore plus le régime et motivera des militaires à nous rejoindre.